Aller au contenu
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies notamment pour réaliser des statistiques de visites afin d’optimiser la fonctionnalité du site.
Chargement du calendrier

Grand Mécène

La Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent soutient le Festival d’Automne à Paris
Pierre_Berg_-_septembre_2012

Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent


Entretien avec Pierre Bergé,
Président des Amis du Festival d'Automne à Paris et de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, Grand Mécène du Festival.


Nommé « Grand Mécène des Arts et de la Culture » en 2001, vous apportez votre soutien avec force et constance depuis cinquante ans, à titre personnel puis à travers la Fondation que vous avez créée avec Yves Saint Laurent. Qu'est-ce qui vous a amené à vous engager aux côtés des artistes, de cette manière-là ?

Parce que j'aime l’art et parce que j'aime les artistes. C'est la seule réponse. Et puis parfois parce que j'ai le sentiment que les projets ne se réaliseraient pas sans mon apport. J'ai toujours adoré l'opéra, les livres, cela faisait partie de la vie de ma famille, qui pourtant était modeste mais qui croyait beaucoup à la culture. J'ai joué du violon dès l’âge de cinq ans, très mal d'ailleurs, mais j’ai continué plusieurs années... 

« La culture permet de voir l'autre, de reconnaître son humanité dans la différence »... Ma mère chantait. Elle était institutrice et soprano amateur. J’ai naturellement fréquenté les arts quand je suis arrivé à Paris. Puis la maison Yves Saint Laurent a souvent travaillé avec des artistes de la scène. A ma différence, lui venait d’un milieu aisé mais peu cultivé. Ses parents appartenaient à la bourgeoisie d’Oran. Chez eux, il n’y avait pas de musique, pas de théâtre… Rien. Il a eu une révélation lorsque, à 11 ans, il assista à une représentation de L'Ecole des femmes de Molière, avec Louis Jouvet et les décors de Christian Bérard.

Dans une lettre présentant la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, reconnue d’utilité publique en 2002, vous écrivez qu’il fallait « transformer les souvenirs en projets ». Comment le mécénat s’articule-t-il avec cette préoccupation de transmission ?
J'ai eu la chance de décider de conserver tout. Je suis la grange de Saint Laurent ! La Fondation s’est ainsi fixée trois missions qui s’étayent mutuellement : la conservation des 5 000 vêtements de haute couture et des 15 000 accessoires, plus de 50 000 croquis et objets divers qui témoignent de la création d'Yves Saint Laurent durant quarante ans, l'organisation d'expositions ainsi que le soutien d'actions culturelles et éducatives, qui peut prendre différentes formes. Par exemple, passionné de théâtre et de musique, j’ai été président de l’Opéra national de Paris de 1988 à 1994 et j’ai contribué au financement de plusieurs productions. Mais j'interviens également non pas en finançant directement la production, mais en achetant des billets que je donne à des enfants et des jeunes défavorisés. Ça me plaît beaucoup de voir ces bonnes places occupées par des gamins, des blacks, des beurs, des gens de banlieue, qui m’écrivent pour me dire combien ils ont été bouleversés.

Donner accès à la culture à ceux qui s’en trouvent éloignés motive-t-il votre action ?
Nous abordons ici un terrain politique. Je suis un homme de gauche et je crois profondément que la culture peut jouer un rôle prépondérant dans la société, qu’elle participe de l’émancipation des individus et de la lutte contre le racisme et les multiples formes de ségrégation. La culture permet de voir l'autre, de reconnaître son humanité dans la différence. Certes, elle n'empêche pas la progression du Front National, ni la drogue, ni la délinquance… Il ne faut pas se voiler la face. Pour autant, je pense vraiment que l’enseignement et l’immersion dans la culture dès le plus jeune âge contribuent à changer les êtres et la société, même si le résultat n’est pas garanti. Encore faut-il que la culture ne soit pas réservée à une élite, qui reste dans cet entre-soi, mais qu'elle soit réellement partagée par le plus grand nombre. C’est pour cela que je milite beaucoup pour la transmission et l'accès à la culture des classes défavorisées. J’ajoute que la culture populaire ne doit pas être populiste ni être au rabais. Au contraire ! Et les qualités du Festival d'Automne sont précisément celles-là.

Vous êtes en effet un ami de longue date du Festival d’Automne, dont vous avez d’ailleurs été mécène d’abord à titre personnel.
Le Festival porte deux exigences qui sont miennes : le mélange des cultures et la qualité. Il a ainsi fait découvrir des cultures encore mal connues en France. Maintenant, avec la vidéo et internet, tout se sait, tout se connaît. Même si les médias donnent certainement une large vision de la création à l'étranger, le Festival d’Automne permet de faire l'expérience sensible des œuvres. C’est essentiel.

Entretien réalisé par Gwénola David
17 septembre 2013

www.fondation-pb-ysl.net