Sans repentirs

par Jean-Pierre Leonardini


Désacraliser la musique en la mesurant à l'aune du quotidien; c'est à quoi s'emploie d'abord Georges Aperghis, au fil d'une oeuvre allant sans repentirs, ouverte aux sollicitations, joyeusement libre. En 1976 le Festival d'Automne est partie prenante dans la création de La Bouteille à la mer,coup d'envoi de l'ATEM (Atelier Théâtre et Musique) qu'anime Aperghis à Bagnolet. L'année suivante le Festival accueille Marchand de plaisirs, marchand d'oublieset La Poupée Nina,suivi de L'Aveugle de Bagnolet.

La Bouteille à la merreste exemplaire d'une patiente mise en oeuvre collective, où le compositeur devient plus tuteur amical que démiurge. La voix chez Aperghis est le vecteur essentiel de l'acte théâtral. Elle constitue le prisme (quand ce n'est pas un kaléidoscope) où se fragmente le sens, en un débat généreusement heurté joignant le geste à la parole.

 

Source : "Festival d'Automne à Paris 1972-1982"
Jean-Pierre Leonardini, Marie Collin et Joséphine Markovits
Ed. Messidor/Temps Actuels, Paris, 1982, p. 88-89

© Ed. Messidor-Festival d'Automne à Paris

Reset
Up
Down