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L'autobiographe courbatu par Jean-Pierre Leonardini Cela commence par Interrupteur(1967), tissé d'harmonies continues, à peine troublées par des déflagrations fortuites. Cellule 75(force du rythme et cadence forcéé, pour piano, percussion et bande) se fonde sur la pulsation rythmique, superbement alimentée par Gérard Frémy au piano et Jean-Pierre Drouet à la percussion. On parlerait volontiers de musique "pacifiste", devant ce ressassement excédé de marches militaires... Presque rien n°2(ainsi continue la nuit dans ma tête multiple, pour bande seule, 1978) donne leur chance aux sons (oiseaux, grillons...) de la nuit d'été méditerranéenne en même temps que le compositeur chuchote, avant que n'éclate un cataclysme électronique. Entrée pour quinze instruments(1979), où les interprètes s'avancent l'un après l'autre, semble quasi "classique", nonobstant une base répétitive qui n'a rien à envier aux Américains... Enfin, Bonjour comment ça va? (pour piano, violoncelle et clarinette basse, 1979), conçu comme" le début d'un rituel d'amour", témoigne de la même propension à la répétition lancinante. Il n'est pas indifférent de savoir que le parcours de Ferrari ne se borne pas aux balises de "l'avant-garde". Praticien de la musique électroacoustique et mixte, rompu à la musique instrumentale, il a également touché au théâtre musical, à des films documentaires, à des spectacles. Latin (il se revendique comme tel) ce Corse, désormais installé à Tuchan, dans les Corbières (d'où naquit Presque rien n°2)se met à l'écoute des gens de ce pays, s'attachant au rythme de leur parole, en quête d'"une manière plus démocratique de faire de la musique". Ce survol, en 1979, d'une décennie de composition, permet du moins de prendre la juste mesure de ce solitaire, ironique et hypersensible, qui sait s'étendre sans se répandre en ponctuant sa production d'aveux écrits. "J'ai eu des courbatures à mes autobiographies", dit-il cette année-là.
Source : "Festival d'Automne à Paris 1972-1982" |