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KARL AMADEUS HARTMANN
(Venise 12.12.53
Karl et Elisabeth, mes chers! il apparaissait encore plus évident, à Munich (1), ce qui dans le fond nous lie tous: musique-vie (ou vie- musique: c'est égal). Que ça, mais comment! C'est encore plus fort que l'amitié. Et ce n'est pas par hasard que chacun de nous a d 'abord été avec Scherchen (ce qui veut dire: comprendre vraiment !) et tous ensemble aujourd'hui dans cette merveilleuse famille, parfois folle, dans notre famille. Le plus important aussi est que nous ne sommes pas seuls. Cette terrible solitude qui détruit aujourd'hui beaucoup d'artistes. Nous sommes des hommes parmi les hommes, et c'est uniquement ainsi que nous sommes nous-mêmes. C'est cela, surtout, comprendre aujourd'hui.Je pourrais vous remercier vous deux, mais ce serait peu: mes remerciements n'auront de sens que si, après ces importantes journées munichoises, je deviens meilleur musicien et meilleur homme. Car à Munich, grâce à Scherchen, à vous deux, au concert, au public (enfin un vrai public et pas uniquement un cercle !) j'ai compris quelque chose de nouveau. Va de l'avant, convaincu et avec joie, cher Karl ! Je vous embrasse cordialement
Comment pourrais-je avoir la photo avec toi et Scherchen ? Pourrais-tu m'envoyer l'adresse du bureau culturel ?
Publiée en allemand dans Karl Amadeus Hartmann und lie Musica Viva, Munich, 1980, p. 207. 1) Y su sangre ya viene cantando était joué à Munich le 4 décembre 1953 dans le cadre des concerts Musica Viva dont Hartmann était le fondateur-directeur.
Source : "Luigi Nono" (Livret-programme)
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