| 13.
A KARL AMADEUS HARTMANN
[Giudecca Cher K.A. Déjà écrit à Scherchen. Ainsi Scherchen est maintenant au courant des difficultés (divisions, etc.)(1). S'il te plaît: donne-lui le maximum! Il acceptera certainement. Sans doute es-tu déjà sans grippe. Dommage pour Munich quand nous y étions. En janvier nous aurons certainement le temps (et le calme - j'espère!!!!!!), parce que nous avons beaucoup à nous dire sur "Aujourd'hui dans la musique" et "les musiciens qui oublient d'être des hommes" ou, mieux: ceux qui agissent encore contre aujourd'hui, en se comportant comme aux vieux temps. "artistes! surbommes! courtisans! et qui se disent hors parti!" ou "ils sont au-dessus de tout". "Anges", ou presque Dieu ! Dommage que nous soyons tellement loin l'un de l'auAprès Baden-Baden et Donaueschingen je saisis mieux la situationtre, il serait très beau de pouvoir te parler souvent dans ce désert ou, mieux, dans cette prison. (2). En relation directe avec ce qui se passe aujourd'hui dans le monde (restauration!!!!!! tant politique que culturelle). Et pour nous, ca devient ou commence vraiment maintenant à devenir difficile. C'est pour cela que nous devons, de toutes nos forces, ne pas faire ce que la société actuelle voudrait, c'est-à-dire nous isoler nous-mêmes, et en devenir plus faibles. Mais encore plus et enfin et vraiment quand nous serons ensemble. A Munich! Cordialement à toi, Elisabeth, Richard, de Nuria et
1) Le 8/9 décembre, Nono, Kolisch et Scherchen travaillaient, à Gravesano, aux Varianti, en vue du concert du 24 janvier 1958 dans le cadre de Musica Viva à Munich. 2) Nono fait allusion aux difficultés pendant les répétitions des Varianti et aux résultats peu satisfaisants de la création.
Source : "Luigi Nono" (Livret-programme)
|