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A KARL AMADEUS HARTMANN
[2.2.59]
Cher Karl tu sais quoi? je te suis reconnaissant parce que tu m'as prouvé, par ta réaction face à l'histoire de Venise (1) de septembre 58, à quel point notre amitié est vraie. aujourd'hui cela compte énormément et c'est plus important que tout. si des relations existent, elles doivent être claires et pures. Sinon vive la Stroblerie la Huebnerie la Crafterie (2). Et nous, sous terre. Dans un cas pareil mieux vaut vivre sous terre. Surtout quand il s'agit de terre italienne, parce que sur la terre italienne il n'y a presque que des cochons. Peut-être en as-tu appris quelque chose à Rome. Pourquoi, même si on écrit différentes musiques, doit-on absolument se dresser les uns contre les autres, et se comporter d'une manière cochonne? nouvelles expériences avec la RAI et à Milan. nous allons très bien! Je me rends de nouveau à Turin afin d'y fixer et décider, avec Calvino, notre projet théâtral. Je te remercie aussi de Guernica. Ça m'a fait un grand plaisir de voir Guernica joué à Munich (3). Et merci aussi du programme. Cordialement de Nuria et moi à toi, Elisabeth et Richard
Publié en allemand dans Karl Amadeus Hartmann und die Musica Viva, Munich 1980, p. 212. 1) Evénement inconnu. 2) Responsables musicaux de la radio (Heinrich Strobel, Herbert Hübner) et au chef Robert Craft. 3) Le 23 janvier 1959.
Source : "Luigi Nono" (Livret-programme)
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