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Allegro sostenuto
Helmut Lachenamnn
ALLEGRO SOSTENUTO (1987-1988)
Pour clarinette (clarinette basse), violoncelle et piano.
Création: Cologne, 3.12.1989.
Eduard Brunner (cl.); Walter Grimmer (vlc.); Gerhard Oppitz (piano)
Dédié à Eduard Brunner.
Commande: Eduard Brunner.
Durée: environ 28 minutes.
De même que dans Ausklang, pour piano et orchestre, le
matériau musical se définit ici par la médiation
entre l'expérience de la résonance d'une part
(des variantes de tenuto entre une sonorité secco
et un laisser-vibrer naturel ou artificiel) et du mouvement
d'autre part. Ces deux aspects du sonore se rencontrent dans la
représentation de la structure en tant qu'arpeggio multiple
et ambivalent, c'est-à-dire en tant que processus successivement
éprouvé comme construction, déconstruction et
transformation. Un processus qui se communique à la fois comme
geste figuratif sur une durée très restreinte et comme
projection sur des périodes plus grandes.
La forme et l'expression résultent de l'action concertée
de six zones successives:
Une grande séquence d'ouverture (1), qui parcourt largement
l'espace sonore vers le grave; une cantilène legato
résultant de l'entretien des vibrations ou des champs de résonances
- qu'ils soient naturels ou artificiels, directs ou indirects, voire
presque "faux" -, le dernier de ces champs s'arrêtant
sur une cadence (l'"arrêt", la "suspension"
(Stillstand): un concept typique au sein duquel la résonance
et le mouvement s'effleurent dans leurs extrêmes).
Un jeu, aux ramifications multiples, de gradations dans l'assèchement,
entre le secchissimo et la mise en oeuvre maximale de pédales
(2).
La partie Allegro proprement dite (3), dans laquelle la résonance
semble se figer en un mouvement dense et rapide (ou inversement).
Interrompu et détourné par une sorte d'"hymne vidé"
(4), un récitatif d'appels dans différents espaces de
résonance, voire dans des espaces "sourds".
Un retour au mouvement (5), une escalade qui vient se coincer, se
gripper aux limites de la sonorité instrumentale violemment
perforée.
Une suspension, une cadence finale (6) de mixtures, dans la vie intérieure
desquelles résonance et mouvement fusionnent à nouveau.
traduit de l'allemand par Peter Szend
Source : "Helmut Lachenmann"
(Livret-programme)
Ed. Festival d'Automne à Paris, Paris, 1993, p. 22
© Festival d'Automne à Paris
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