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Infinito nero estasi
di un atto
Noir infini, extase en un acte
Livret
Salvatore Sciarrino
Maria Maddalena de' Pazzi
Issue d'une famille de l'aristocratie, Maria Maddalena de' Pazzi naît
en 1566 sous le nom de Caterina de' Pazzi dans la Florence des Médicis.
En 1574, elle entre au couvent en qualité d'écolière.
Ses premières visions ou " extases " datent
de 1578. De 1582 à sa mort en 1607, elle vit au cloître
S. Maria degli Angeli, où, lors de ses voeux, elle reçoit
le nom de Maria Maddalena. Sa vie est traversée d'extases périodiques,
dont les mots sont retranscrits dans Eccesso d'amore, Colloqui,
Revelatione e intelligentie, Renovatione della Chiesa. En 1602,
elle tombe gravement malade. Ses extases cessent. Les dernières
années de sa vie se déroulent dans la souffrance nue
(nudo patire). En 1626, elle est béatifiée par
Urbain VIII, avant d'être canonisée en 1669 par Clément
IX.
Livret
l'âme se changeait en sang, à ne rien entendre que le
sang, à ne rien voir que le sang, à ne rien goûter
que le sang, à ne rien sentir que le sang, à ne rien
penser d'autre qu'au sang, à ne pouvoir penser à rien
d'autre qu'au sang. Et tout ce qu'elle faisait la noyait et la submergeait
dans ce sang
s'influer flux influait renfluait et le sang influait renfluait flux
renfluer renflue
renflue flux renfluaient flux renfluaient en surexaltant
alors le Saint a versé sur ma tête un vase et le sang
m'a recouverte tout entière. La Sainte aussi a versé.
En se mélangeant au sang, le lait m'a fait une robe magnifique.
La face dans l'ombre
o, o, o (silence) o, o, o (silence)
o, si les plantes pouvaient aimer, elles ne crieraient rien d'autre
o, je ne sais (silence)
timui timore amoris. Timui timore amoris. Timui timore amoris (silence)
mais dis-le, mais dis-le
mors intravit per fenestras. Mais pourquoi tu
des figures et des visages, aspiration, inspiration et respiration
en toi (silence)
viens
sur ton corps des ouvertures inconnues pour nous. Portes, fenêtres,
trous, cellules, pertuis de ciel, cavernes. Sans fond ruisselants.
Ce sont les plaies où je me perds
viens, viens
avec la couronne : ses épines, longues, transpercent le Père
éternel dans les cieux
il écrit sur moi avec le sang. Tu écris avec le lait
de la Vierge. L'Esprit écrit avec les larmes
viens
que les nuages ne s'ouvrent pas, mais le ventre virginal (silence)
oui mais
viens, viens, o, viens viens (silence)
hélas, en vivant je meurs (silence) o, o, o (silence)
(s'arrêtant, elle s'assied)
voilà, je suis à terre (silence) je ne peux descendre
plus bas (silence) et ainsi (silence) o sage folie (silence)
(en ouvrant les bras elle se détend, immobile. Puis elle
commence à bouger : gestes et mouvements qui semblent la consumer,
longtemps)
je n'entends pas (silence) le tien est meilleur, oui, oui (silence)
hélas (silence) tu es sans fin, mais je voudrais voir
une fin en toi
Traduction de l'italien, Maria-Laura Broso-Bardinet
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