GISÈLE VIENNE TRAVAUX 2003 – 2020

[Arts Plastiques]

Dans le cadre du Portrait qu’il consacre à Gisèle Vienne, le Festival d’Automne s’associe au Musée d’Art Moderne de Paris pour présenter, au sein de ses collections, une exposition de la chorégraphe, plasticienne et metteuse en scène franco-autrichienne.

Depuis 2003, Gisèle Vienne a créé une soixantaine de poupées, à l’inquiétante étrangeté indéniable. Loin d’être inertes, ces représentations d’adolescentes et d’adolescents sont des personnages à part entière de ses pièces, parfois activés par ventriloquie. GISÈLE VIENNE TRAVAUX 2003 – 2020 est l’occasion de plonger dans l’univers de cette figure majeure du spectacle vivant et de l’art contemporain.
« La couleur de l’angoisse. Teints blafards, regards dans le vide, visages immobiles, parfois maculés de sang, de larmes, prennent vie dans des postures adolescentes et des voix étouffées, comme autant d’indices d’une culture de la violence refoulée qui hante nos mythes de l’innocence, de la pureté, de la blancheur... Que racontent les poupées de Gisèle Vienne sur nous-mêmes, sur vous ? Quels récits de la souillure, de la blessure, licites défigurées par l’indifférence, le désir, les rires salaces, nous obligent-elles à regarder en face, à écouter, à croire ? Elles sont si blanches ces poupées que la couleur de l’angoisse nous prend à la gorge et au ventre… »
Elsa Dorlin, philosophe