Julien Gosselin | Les Noms

Avec Les Noms, l’Américain Don DeLillo signait en 1982 un grand roman politique paranoïaque et labyrinthique. Le metteur en scène Julien Gosselin y trouve aujourd’hui matière à une non moins vertigineuse réflexion sur la violence et l’intime.

En 1982, Les Noms, grand roman politique paranoïaque et labyrinthique, affirmait l’impressionnante puissance visionnaire de Don DeLillo. En une succession hypnotique d’études de caractères, le romancier américain y mettait en scène, en Grèce, un ballet d’employés de multinationales, nomades postmodernes qui se croisent dans les aéroports, à l’ombre des ruines millénaires. S’y croisent surtout « ce que DeLillo appelle « les noms » et qui décrit à la fois la parole, la langue, la littérature et la transcription écrite des mots, leurs formes, leur vie propre, leur archaïsme et le fait qu’ils paraissent disparaître ou se vider », explique le metteur en scène Julien Gosselin au sujet du trio de romans de Don DeLillo qu’il porte aujourd’hui à la scène. Autour du langage s’est formé d’ailleurs un mystérieux culte qui se cacherait derrière une série de meurtres inexpliquée, le tout sur fond de menace terroriste grandissante… Si cette réflexion sur la société américaine d’alors fait étrangement écho à notre monde d’aujourd’hui, c’est aussi parce que s’y entremêlent jusqu’à se fondre la violence et l’intime. « Ce n’est pas seulement le souvenir de la violence, dit encore Gosselin. C’est sa présence continue. Archaïque au sens où elle a été là il y a longtemps et où elle ne nous a jamais quittés. »
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Durée : 3h00

En pratique

Odéon-Théâtre de l’Europe – Ateliers Berthier
Du 22 novembre au 20 décembre | Les jeudis à 20h
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