Programme


Jeune public

Jeune public
Programme 2020
Grille tarifaire complète
Encyclopédie de la parole, Suite nº2 © Bea Borgers

Portrait Encyclopédie de la parole

Depuis dix ans, l’Encyclopédie de la parole invente une nouvelle forme de théâtre qui met l’accent sur la diversité des formes orales et la musicalité concrète du langage. Pour les artistes et chercheurs de ce collectif formé autour de Joris Lacoste, les mélodies, le rythme, les inflexions ou les silences de la parole sont aussi signifiants que les mots.
Avec les spectacles Parlement, blablabla, Jukebox, L’Encyclopédiste et le cycle complet des suites dont le Festival d’Automne a accompagné la création depuis 2013 – Suite nº1 (redux), Suite nº2, Suite nº3 et Suite nº4 –, ce Portrait révèle une fascinante collection de plus de mille documents sonores complétée et réactivée à chaque proposition par des interprètes virtuoses. Entre poésie sonore et enquête documentaire, c’est une invitation à faire une expérience sensible et littéralement inouïe du monde d’aujourd’hui.

Comment faire le Portrait d’une encyclopédie ?
L’Encyclopédie de la parole, c’est à la fois une collection et un collectif. La collection comprend plus de mille enregistrements sonores de toute sorte qui ont été soigneusement collectés, répertoriés et catalogués sur notre site Internet en fonction de phénomènes formels. Le collectif, c’est une géométrie très variable selon les époques et les projets, mais qui regroupe des gens qui partagent un même intérêt pour l’oralité depuis des pratiques diverses : poètes, acteurs, dramaturges, musiciens, chorégraphes, metteurs en scène, linguistes, réalisateurs de cinéma ou de radio… Cela nous intéresse moins de faire notre auto-portrait, même collectif, que de tenter un portrait multiple et éclaté de notre collection : elle est faite de tant de personnages, de situations, d’émotions, de mondes, d’histoires ! C’est au fond ce nous essayons de faire à chaque fois que nous créons une pièce : porter un regard particulier sur cette collection de paroles et d’en faire un « accrochage » singulier selon certains critères et certains points de vue. Ce Portrait du Festival d’Automne, c’est la même chose en plus grand.

Que représente ce Portrait dans votre parcours ?
D’abord, il scelle une étroite collaboration entamée avec le Festival d’Automne en 2013 avec la création de la Suite nº1. Mais il nous permet aussi de renouer avec les « ouvertures » que nous organisions à nos débuts aux Laboratoires d’Aubervilliers en 2007-2008 : comment rendre publique notre recherche, comment donner à entendre cette collection sonore ? Nous avons commencé par organiser des séances d’écoute confiées à des artistes sonores. Ensuite, nous avons exploré différents formats, des plus analytiques – le site Internet, les articles, des conférences – aux plus sensibles – les spectacles, mais aussi les installations sonores ou les pièces radiophoniques, des performances, des jeux, des chorales amateures ou professionnelles –. Les ouvertures permettaient de présenter ensemble ces différents formats. Nous espèrons que ce Portrait, même si les propositions y sont plus éclatées dans l’espace et dans le temps, permettra aux spectateurs de faire des ponts, de tirer des fils, de construire des relations entre des paroles et entre des spectacles

Comment s’articulent les différents spectacles présentés ?
Cette programmation nous offre la possibilité de présenter l’intégralité des huit spectacles qui, à ce jour, ont été conçus et produits par l’Encyclopédie : ils sont signés ou co-signés par Joris Lacoste, Emmanuelle Lafon, Frédéric Danos, Nicolas Rollet, Élise Simonet, Pierre-Yves Macé et Sébastien Roux.
Chaque spectacle propose un dispositif d’écoute particulier, chacun pose ses propres problèmes et construit ses propres fictions. Ainsi le solo Parlement est constitué de fragments de paroles concaténés à toute vitesse ; Suite nº1 (redux), que nous allons recréer pour le Festival, prend la forme d’une grande chorale de paroles ; Suite nº2 est un quintet qui explore la coexistence de paroles hétérogènes et performatives ; dans Suite nº3, le rapport à la musique s’intensifie sous la forme d’un opéra parlé avec pianiste ; blablabla explore ce que les enfants entendent du monde ; Jukebox dresse le paysage sonore d’un territoire en particulier ; dans Suite nº4, la parole enregistrée en tant que telle devient l’unique personnage, orchestrée par l’ensemble de musique contemporaine Ictus ; enfin, L’Encyclopédiste propose un regard unique en cela qu’il s’agit pour la première fois d’un spectacle qui repose sur le commentaire et la digression à partir des enregistrements : l’occasion, enfin, de justifier notre étrange et obsessionnelle passion pour l’écoute des paroles d’autrui.