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L'ÉDITION 2016
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  • Par téléphone 01 53 45 17 17
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    Festival d’Automne à Paris
    156 rue de Rivoli
    75001 Paris

Vous êtes sur la page d'un spectacle de l'édition 2015, retrouvez tous les spectacles de cette édition dans nos archives

Miguel Gutierrez

The Age & Beauty Series

Age & Beauty Part 1

Danse

    DATES ET LIEUX
    • CN D Centre national de la danse
      7 au 11 décembre

    En raison de la blessure du danseur Mickey Mahar, les représentations du spectacle Age & Beauty Part 1 de Miguel Gutierrez, prévues jusqu’au vendredi 11 décembre au CND, sont annulées.
    Afin d' obtenir le remboursement de vos places, merci de retourner vos billets par la poste avant le 15 décembre 2015 à :
    Festival d’Automne à Paris - Service remboursement
    156, rue de Rivoli  - 75001 Paris.

    La série Age & Beauty peut être vue comme un « portrait de l’artiste en jeune homme vieillissant ».
    Un testament critique hanté par l’idée de suicide, la lassitude du combat pour la reconnaissance. Une reprise du « il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais donc continuer » de Beckett à l’ère post-moderne.
    Mais elle peut aussi être regardée comme un long poème queer et révolté, une synthèse bigarrée tramée de portraits, de couleurs kitschs, de corps marginaux, de mélodies dissonantes. Un manifeste festif et radical, comme un Fuck retentissant adressé au conformisme et à la résignation.
    Ces différentes facettes constituent le cœur du travail de Miguel Gutierrez – artiste, chorégraphe et musicien américain – que chacune de ces trois pièces fait miroiter. Sous forme de duo, la première partie – sous-titrée « notes suicidaires » – cherche à cerner la spécificité du temps queer, l’imbrication entre mode de vie et position artistique : un moment de retour sur soi sans concession, traitant pêle-mêle de rêves de gloire et de compromission, de vieillesse, d’amour et de sexualité.
    Le deuxième opus poursuit ce bilan critique en abordant toutes les dimensions de l’acte de création, sous une forme musicale et dansante déjantée : le fonctionnement d’une compagnie, la relation avec ses collaborateurs, l’institution, et la place centrale de l’argent au centre du jeu. Dans le troisième volet, il invite un groupe de performeurs à le rejoindre pour revisiter et éclater collectivement son propre imaginaire. Ils sont jeunes, vieux, ne ressemblent pas à des danseurs et pourtant ils dansent, chantent, multiplient les interférences et les connexions, entraînés par la musique composée par Miguel Gutierrez – un mélange de science-fiction onirique et de chansons ambiantes assaisonnées de mélodies télévisées... À travers cette galerie de portraits, le chorégraphe interroge sa propre place, la postérité de son travail et la consistance des histoires qui tiennent ensemble cinq individus sur une scène

    Et aussi :

    le 6 décembre 2015,  15h
    Entrée libre
    Mona Bismarck American Center
    34 avenue de New York 75116 Paris
    Les places à ces évènements sont limitées. Pour réserver les vôtres : rsvp@monabismarck.org
    Miguel Gutierrez

    discusses Age & Beauty
    Retrouvez le chorégraphe Miguel Gutierrez qui viendra parler (en anglais, modéré par Gérard Mayen) de la trilogie Age & Beauty. Festival d’Automne, La trilogie s’intéresse à la représentation du danseur, au travail physique et émotionnel lié à la performance. Miguel Guttierez s’ouvrira aux spectateurs, développant son hypothèse que les relations amoureuses, l’argent et le combat pour la célébrité sont le centre de toute création artistique.

    Age & Beauty Part 1: Mid-Career Artist/Suicide Note or &:-/

    Création et scénographie, Miguel Gutierrez
    en collaboration avec Mickey Mahar
    Musique, Jerry Goldsmith, Chuckie, Silvio Ecomo, Miguel Gutierrez
    Texte, Miguel Gutierrez
    Costumes, Dusty Childers et Miguel Gutierrez
    Lumière, Lenore Doxsee

    Spectacle créé le 23 avril 2014 au Whitney Biennial, Whitney Museum of American Art (New York)
    Coréalisation Les Spectacles vivants – Centre Pompidou ; LE CND, un centre d’art pour la danse ; Festival d’Automne à Paris // Avec le
    soutien de The MAP Fund, Creative Capital, New England Foundation for the Arts’ National Dance Project, the Doris Duke Charitable
    Foundation, the Andrew W. Mellon Foundation, the Maggie Allesse National Choreographic Center at Florida State University, I’institute
    Francaise (FIAF) dans le carde du Crossing the Line Festival (New York), New York Live Arts with support from the National Endowment for the Arts, The Fisher Center for the Performing Arts at Bard College, Hollins University, le programme ]domains[ du Centre Choreographique National de Montpellier, Lower Manhattan Cultural Council, Mount Tremper Arts, Abrons Arts Center // Avec le
    soutien de FUSED, French-US Exchange in Dance (un programme de the New England Foundation for the Arts’ National Dance Project,
    des services culturels de l’Ambassade de France aux États-Unis, the FACE Foundation, the Doris Duke Charitable Foundation, the Andrew W. Mellon Foundation, the Florence Gould Foundation, et du Ministère de la Culture et de la Communication français).

    Avec le soutien de Sonia Rykiel pour l’accueil de Age & Beauty Part 1 et Age & Beauty Part 2

    Que connaissons-nous exactement de la danse américaine ? Comment s’est constituée l’image fragmentaire et parfois contradictoire que nous en avons d’Europe – image faite de rigueur formelle et de minimalisme aussi bien que d’entertainment et d’excentricité ? Longtemps dominée par la figure de Merce Cunningham, dont l’œuvre s’est déployée pendant plus de 70 ans sur les deux rives de l’Atlantique, essaimant les principes d’abstraction et de synthèse des arts, elle a été reprise et redéfinie à partir des années 1960 par les membres du Judson Dance Theater – Yvonne Rainer, Steve Paxton, Trisha Brown, Lucinda Childs – dont Cunningham disait qu’ils n’étaient pas ses enfants mais plutôt ceux de John Cage. Poursuivant la voie de l’abstraction, ils ont remis en cause les mécanismes spectaculaires – utilisant le langage, la caméra, les interventions in situ et l’intégration des gestes du quotidien pour élargir le champ d’action de la danse. Où en est la scène américaine aujourd’hui, quel rapport entretient-elle avec son histoire ? Nourrie d’art conceptuel et de performance, de pop-art et de contre-culture, de cultural et de gender studies, de comédie musicale et d’expérimentations scéniques, elle forme un paysage résolument hybride, où la question du genre et des genres, des minorités et du mainstream, de la fiction et du détournement des codes théâtraux se diffracte en de multiples positions esthétiques.

    Merce Cunningham s’est éteint en 2009, refermant une page de cette longue histoire commencée dans les années 1950 au Black Mountain College, lieu transdisciplinaire où se retrouvaient artistes, musiciens, chorégraphes et chercheurs. Élèves de Cunningham et Cage, Trisha Brown, Lucinda Childs ou Steve Paxton continuent aujourd’hui de se produire et de se réinventer près de 50 ans après leurs premières expérimentations. Au sein de sa compagnie, Trisha Brown a réinvesti la scène, travaillant les combinatoires et les nuances du « mouvement pur », dans des pièces comme Son of gone fishin’ ou Foray Forest, qui allient rigueur mathématique et liberté d’agencement des mouvements. Au fil de collaborations avec les grands noms de la musique et de l’art minimaliste, comme Avalaible Light qui réunit John Adams et Franck Gehry, Lucinda Childs a opéré une synthèse entre la fluidité des formes abstraites et les constructions d’ensemble héritées du ballet. Steve Paxton a pour sa part creusé le sillon de l’improvisation, déployant une danse attentive au présent, à la modulation d’états de conscience – comme dans son œuvre maîtresse les Variations Goldberg – ou créant des pièces plus composites comme le solo Bound, remonté en 2013 avec le danseur Jurij Konjar.

    Comme le souligne Trajal Harrell, l’histoire de la danse est une matière malléable, tissée d’interactions, de lignes brisées, d’interprétations disparates. Dresser un panorama de la danse américaine implique d’envisager les rebonds d’une scène à une autre, la circulation des styles, des idées. Chez Trajal Harrell tout comme chez Miguel Gutierrez, l’héritage postmoderne s’est greffé sur des influences esthétiques hétérogènes : le voguing, danse du détournement et de l’exubérance pratiquée par les communautés homosexuelles noires et latinos chez l’un ; la scène queer et l’investigation philosophique chez l’autre. Pour ces deux chorégraphes, l’hybridation des esthétiques est indissociable de celle des corps, le déplacement des codes scéniques de celui des codes sexuels hétéro-normés – croisement que l’on retrouve aussi bien dans la série Twenty Looks or Paris is Burning at The Judson Church de Trajal Harrell, que dans Last Meadow de Miguel Gutierrez – où le cinéma, la chanson, et la danse s’entrechoquent dans une explosion de formes. D’autres écritures témoignent de la diversité des expressions scéniques aux États-Unis, comme celle de Faye Driscoll qui décortique la variété des relations intersubjectives – les errances et interdépendances du moi, du nous, du vous – au fil de pièces comme Thank You For Coming: Attendance, ou You’re Me . L’exemple de Jennifer Lacey témoigne de la vitalité et de la diversité des échanges entre France et États-Unis. Après avoir étudié et commencé sa carrière à New York, elle s’est installée en France il y a 15 ans, développant une collaboration fructueuse avec la scénographe Nadia Lauro. Ses nombreux projets avec des artistes, des chorégraphes ou des musiciens poursuivent cette voie transdisciplinaire et interculturelle – comme lors de sa prochaine création, Lieu Historique, qui investit les salons feutrés typiquement parisiens du Mona Bismarck American Center – du nom d’une mécène américaine – accompagnée de la chorégraphe Alix Eynaudi et de la musicienne Zeena Parkins. Après de nombreux épisodes qui ont vu les deux continents s’observer, s’influencer, débattre ou s’ignorer, l’Europe et les États-Unis écrivent actuellement une nouvelle page de leur histoire chorégraphique respective.

    Gilles Amalvi