Inde : Musique carnatique

[Musique]

La musique carnatique, karnataka sangita, est la musique classique de l'Inde du Sud, telle qu'elle a été pratiquée depuis environ 600 ans.
La scission entre musique hindoustani du nord et musique carnatique du sud eut lieu quelques temps après le mélange des cultures hindoues et persanes survenu dans le nord de l'Inde, probablement à partir du 13è siècle.
Demeurée à l'abri des influences islamiques, la musique carnatique prit son nom du Karnataka, province d'origine des musiciens qui, à la chute de l'Empire de Vijayanagar en 1665, se réfugièrent en pays tamoul.
La flûte carnatique est traversière et en bambou, c'est l'un dm trois instruments sacrés et révérés dans l'Inde du Sud, avec la vina et le mridangam. La flûte est en relation évidente avec le souffle vital et la mythologie la pose sur les lèvres de Krishna.
La vina-sarasvati, luth à sept cordes, est particulièrement adaptée au développement du raga et crée une écoute toute en subtilité et intériorité.
La voix humaine, pour les hindous, précède et surpasse tous les instruments. Le chanteur est créateur et compositeur ; même engagé dans l'interprétation d'un hymne de Tyagaraja le plus célèbre des compositeurs, élevé au rang de "saint" (1767-1847), il improvise dans le cadre fixé par l'échelle modale (raga) et le rythme de base (tala).
Le Jalatarangamn (littéralement : les ondes sonores de l'eau) consiste en une ou deux rangées de bols de porcelaine que le musicien accorde en les emplissant plus ou moins d'eau et dont il joue en frappant le bord des coupes avec deux baguettes.
Parmi les instruments accompagnateurs des solistes, il y a d'abord le mridangam, tambour horizontal en bois recouvert à ses deux extrémités de trois épaisseurs de peaux, le violon qui fit son entrée en Inde au l7è siècle et fut immédiatement adapté au style carnatique, le ghatam, gros pot de terre cuite, dépourvu de membrane, le kanjira, petit tambourin et enfin, pour donner la note tonique fondamentale, le tanpura.