Le Zur Khâneh

[Théâtre]

L'institution de cette gymnastique remonte au moins au début de l'ère chrétienne, et, en portant le nom symbolique de Maison de la force -Zur Khâneh-, elle avait pour but d'initier les Persans aux arts martiaux et en même temps, comme ce sera la règle dans d'autres confrèries du même genre (kendo, judo, karaté, etc...), de respecter un code moral et d'y enseigner l'éthique d'altruisme et les règles d'une discipline spirituelle afin de faire des athlètes des chevaliers voués à la noble cause.
Ainsi l'histoire de l'Iran connu de nombreux mystiques et penseurs qui s'adonnèrent à ce sport, dont Pouryay Vali, noble poète et athlète mort en 1322, et qui est le patron du Zur Khâneh. Parmi ses adhérents, au long des siècles, on trouve aussi bien des princes, que des négociants ou des écrivains. C'était, et c'est encore aujourd'hui, dans des bâtiments en rond avec au centre une fosse (gowd) que se pratiquent les exercices. Assis sous un dais orné de plumes, et où pendent quelques armures se tient le Morshed, maître qui joue du tambour, sonne de la cloche, chante et commande les exercices. Il a devant lui un brasero où il brule des graines sauvages pour écarter le mauvais oeil de ceux qui pourraient envier les prouesses physiques des athlètes. Avec un flacon d'eau de rose, il asperge ceux qui le lui demandent. 
Le Morshed joue sur un tambour fait en terre cuite et déclame des poèsies épiques et lyriques de grands poètes persans, comme celle du poète Ferdowsi.

Farrokh Gaffary