kabuki Keisei Hangon Ko / Ninin Wankyu

[Théâtre]

Ka-chant, Bu-danse, Ki-jeu : forme inaltérée de théâtre total de divertissement née au début du XVIIème siècle, le Kabuki est l'art de l'outrance et du dédoublement. Tout y est resplendissant : costumes bariolés, maquillages grimaçants, joutes amoureuses, danses guerrières, numéros acrobatiques, voix furieuse ou paslmodiée du narrateur, coups terribles du claquoir, déchainements du tambour et des flûtes, "sons concrets" émis par les bruiteurs dans le décor. Mais le ressort secret est ici la dualité : toute apparence contient son contraire; toute sensualité demeure sublimée. Le kabuki fut d'abord réservé aux femmes mimant des jeux érotiques, puis aux jeunes garçons efféminés, avant d'être destiné, par pudeur, aux seuls acteurs adultes et de sexe masculin. Ainsi naquit l'Onnagata, acteur travesti en femme, reflet parfait puisque désincarné de la féminité.