Raimund Hoghe Young People, Old Voices

[Danse]

Douze danseurs d’une vingtaine d’années, amateurs ou professionnels, face à Raimund Hogue, qui leur parle, qui les regarde, les accompagne ; en contrepoint musical, les voix du passé, celles de Jacques Brel, Bette Davis, Léo Ferré ou Dean Martin, dont l’émotion vient habiter cette variation sur le Sacre du Printemps de Stravinsky. Young People, Old Voices est une pièce minimaliste, abstraite et ciselée, où la recherche formelle se double d’un engagement historique qui explore la mémoire collective, sollicitée par ces chansons populaires. Un engagement politique, également, qui refuse le corps esthétiquement normé, le préférant sans artifices. Qu’ils soient plongés dans l’eau ou alignés, appuyés les uns contre les autres, qu’ils se rallient ou se scindent, les corps produisent leur propre langage, qu’il appartient à chaque spectateur d’interpréter.
« Mes sujets d’inspiration sont la réalité qui m’entoure, le temps dans lequel je vis, ma mémoire de l’histoire, les gens, les images, les sensations, la puissance et la beauté de la musique ainsi que la confrontation avec le corps - qui dans mon cas, ne répond pas aux idéaux conventionnels de beauté. Voir sur la scène des corps qui s’éloignent de la norme est important - non seulement du point de vue de l’histoire, mais aussi du point de vue de l’évolution actuelle qui tend à rabaisser le statut de l’homme à celui d’artefacts ou d’objets design.»

Après avoir écrit plusieurs années pour l’hebdomadaire allemand Die Zeit, Raimund Hoghe a été le dramaturge de Pina Bausch au Tanztheatre Wuppertal de 1980 à 1990. En 1989 il commence à écrire ses propres pièces, et à partir de 1994, intervient sur scène pour participer en tant qu’interprète à ses créations.