Saburo Teshigawara Kazahana

[Danse]

La dernière création de Saburo Teshigawara, Kazahana, se veut une exploration du sens de la beauté et du temps en danse, un hybride de matière végétale et de souffle – en japonais Kaze signifie le vent et Hana, la fleur – qui permet au chorégraphe japonais de développer une philosophie qui refuse d’opposer le corps à la matière qui l’entoure :
« danser c’est jouer avec l’air. C’est ressentir le corps comme l’air et l’air comme le corps ».
Tout comme dans Prelude for Dawn (2004) ou Luminous (Festival d’Automne 2001), deux œuvres où Teshigawara avait travaillé avec des danseurs aveugles, l’attention portée par l’interprète à la totalité de son être doit l’emporter sur la seule manifestation physique de son image. « La danse ne se réduit pas aux mouvements corporels, elle englobe également les mouvements de la conscience et ceux des sens. »
Une attention portée au Tout qui a conduit Teshigawara à ne pas se limiter à la seule chorégraphie mais porte sur l’ensemble des éléments du spectacle : interprétation, costumes, éclairages et scénographie.
Le travail mené dans Kazahana porte plus particulièrement sur l’élaboration d’un espace sculpté par la lumière où la transparence des tissus vient souligner la fluidité des mouvements des danseurs. Semblables à des fleurs ou des coraux, les corps accueillent la pluie et le vent, épousent d’invisibles courants.

Originaire de Tokyo, Saburo Teshigawara étudie les arts plastiques et la danse classique avant d’entamer sa carrière de chorégraphe en 1981. Quatre ans plus tard, il fonde le groupe KARAS (Les corbeaux) avec la danseuse Kei Miyata, dans le but de rechercher une « nouvelle forme de beauté » et de « libérer la danse de toute catégorisation ou convention arbitraire. »