Boris Charmatz Quintette cercle

[Danse]

De Boris Charmatz, on se souvient de cette pièce très solitaire héâtre-élévision, donnée en 2002 au Festival d’Automne et qui offrait à un unique spectateur, couché sur un faux piano à queue, le spectacle de 52’ d’une chorégraphie filmée. Une mise à l’épreuve des corps soumis à la contrainte de l’écran et à sa défiguration pixellisée.
Quintette cercle, sur une musique tellurique et également résistante de la compositrice russe Galina Ustvolskaïa, « chantée comme s’il s’agissait d’un tube qui passe quotidiennement à l’antenne », est en quelque sorte une revanche du corps sur cette première et aplatissante expérience télévisuelle.
« Pour le visiteur allongé devant héâtre-élévision, les multiples spectacles qui composent
cette pseudo-installation ne sont révélés qu’en partie, à la découpe. Chaque danse est méticuleusement réduite à l’espace minuscule du téléviseur.
Le morceau du Quintette cercle  est filmé de loin, l’énergie de la danse et des visages ne peut que se deviner. Lors du tournage, une évidence est vite apparue : cette chorégraphie ne rentrerait dans l’écran du téléviseur que pour mieux en sortir.
« Nous nous tenons la main, en cercle, à l’ancienne. La danse n’a lieu qu’en échange de l’abandon du chant, de ce cercle, de cette musique, de ce lien commun. Elle nous prend dès que nous lâchons les mains, nous quitte aussi vite que nous rentrons dans la ligne. Subrepticement. Et subrepticement nous guettons l’espace alternatif qui nous permet d’habiter ce monde en un ballet sommaire. »