Olivier Messiaen / Brian Ferneyhough / Claude Debussy / Edgard Varèse Chronochromie / Plötzlichkeit...

[Musique] En 1960, la création de Chronochromie par Hans Rosbaud à Donaueschingen suscita un scandale mémorable : dans cette œuvre, et dès son titre, Messiaen associe les éléments temporel et sonore suivant un principe de séries et de permutations qui est autant scientifique que synesthésique ; s’y amorce un processus de « décomposition du temps » dont la structure, en « strophes » et « antistrophes », reprend le modèle des tragédies grecques.
Plötzlichkeit (« Soudaineté ») est une composition pour un orchestre dans lequel sont immergées trois voix de femmes, incorporant également, accordés à des diapasons différents, des cuivres (cors et trompettes) et deux harpes. La partition réunit plus d’une centaine de brèves sections pour former une progression constamment entravée, brutalement interrompue à trois reprises par des déflagrations orchestrales des cuivres, des cordes puis des bois. Avec cette œuvre, Brian Ferneyhough déclare avoir voulu « prolonger, sur un plan plus vaste, certaines des idées développées dans Les Froissements d’Ailes de Gabriel (scène 2 de l’opéra Shadowtime) : la question, éminemment benjaminienne, du temps épiphanique, et le concept du sublime propre à l’esthétique du XIXe siècle ». Suivent, dans ce concert, reliant le XIXe au XXIe siècles, cinq Préludes pour piano de Debussy transcrits pour orchestre de chambre par Hans Zender.
L’Arcana d’Edgard Varèse (1925-27), sous le signe de l’alchimiste et physicien Paracelse, associe trois motifs : un rythme profond, aux instruments graves et aux timbales ; une sorte de fanfare dissonante ; et des interventions inattendues des cordes aiguës, des clarinettes et du xylophone…