Wolfgang Rihm Vigilia

[Musique] Vigilia, nouvelle partition co-commandée par le Festival d’Automne, pour orgue, ensemble instrumental et six voix, repose en partie sur les quatre interludes choraux , « motets pour le temps de la Passion » – Tristis est animea mea, Ecce vidimus eum, Velvum templi scissum est et Tenebrae factae sunt – que Wolfgang Rihm avait livrés pour les célébrations de la Semaine de Pâques en la basilique romaine des Santi Apostoli, en 2001. À partir de ce « pré-texte », Rihm a conçu une partie d’orgue spécifiquement élaborée pour l’acoustique de l’église Saint-Eustache, et des parties d’ensemble qui épousent l’architecture du lieu. De part et d’autre de l’orgue, une clarinette et un cor dialoguent avec deux pupitres de trombones, un alto, un violon, un tuba, un violoncelle et une contrebasse entourant le chœur, derrière lequel se tient le percussionniste. Cette spatialisation, tirant parti de toutes les propriétés réverbérantes du lieu, donne naissance à Vigilia, partition-alliage, nouvelle étape d’une œuvre qui se régénère en s’auto-générant, celle d’un compositeur à la fois architecte et expérimentateur. Une partition dont la sophistication fait la séduction même, défendue ici par un ensemble de virtuoses – au premier rang desquels l’organiste Francesco Filidei. Cette partition vient esquisser à mi-voix un écho du divin, exprimant cette nostalgie d’une émotion musicale primitive qui traverse toute la musique de Wolfgang Rihm.