Abbas Kiarostami Looking at Tazieh

[Théâtre]

En 2000, le Festival d’Automne présentait sous un chapiteau du Parc de la Villette, pour la première fois en Occident, un rituel de Tazieh.
Unique forme de tragédie traditionnelle dans le monde musulman, liée aux cérémonies de commémoration du martyre de l'imam Hossein (petit-fils du prophète Mahomet) mort en 680 à la bataille de Kerbala, le Tazieh prend la forme d’une œuvre dialoguée en vers, accompagnée de musique et interprétée uniquement par des hommes. Puisant leur matière première narrative dans l’histoire d’Hossein, de Mahomet, de l’imam Ali (le père d’Hossein) et d’autres grandes figures du chiisme, les spectacles de Tazieh peuvent également intégrer des récits empruntés au Coran ou à la Bible, ainsi que des fragments de l’histoire de l’Iran et de la littérature persane. Prétextes à de grands rassemblements populaires, ils ofrent une occasion unique d’observer les sentiments que nourrissent les Iraniens à l’égard de la religion et de la tradition.
Une occasion pareille se devait d’être saisie, tôt ou tard, par le cinéaste Abbas Kiarostami ( Palme d’or à Cannes en 1996 pour Le goût de la cerise), dont les films, entre documentaire et fiction, s’enracinent profondément dans la terre iranienne – la scrutation attentive du réel allant de pair avec une interrogation intense sur le langage du cinéma.
Réalisé en Iran par Abbas Kiarostami, Looking at Tazieh est une installation vidéo-scénique associant trois points de vue différents, diffusés simultanément sur trois écrans, d’une même cérémonie – la responsabilité du montage est laissée au spectateur, libre d’associer et d’interpréter ces images à sa guise.
Une rétrospective intégrale des films de Abbas Kiarostami est présentée au Centre Pompidou à l’occasion de l’exposition Érice-Kiarostami :
correspondances du 19 septembre au 17 janvier.