Hossam Mahmoud / Rasheed Al-Bougaily / Kiawash Sahebnassagh / Samir Odeh-Tamimi Ahaat / Li-Umm-Kámel...

[Musique] Depuis un an, Kiawash Sahebnassagh, ancien élève de Beat Furrer à Graz, fait analyser à ses étudiants de l’Université de Téhéran la musique de Gesualdo ou de Messiaen, sans que ses propres créations le voient cependant s’éloigner radicalement des chemins de la tradition persane.
De même, les partitions de l’Israélien Daniel Landau ou de la Koweitienne Rashidah Ibrahim, mêlant instruments orientaux et occidentaux, dégagent une impression frappante, tenace et capiteuse : si l’on distingue parfois des accents connus, jusque dans certains frottements harmoniques, ces musiques exhalent des parfums orientaux, dégagent une énergie véritablement inouïe, rare, font résonner les infinis échos d’autres traditions immémoriales.
Une personnalité telle que la Libanaise Hiba Al Kawas incarne toute la complexité d’un art musical où le savant épouse le populaire comme la musique rythme le quotidien : cette chanteuse célèbre dans son pays (elle s’est produite aux côtés, entre autres, de José Carreras) revendique parallèlement un statut de compositeur qui se nourrit, par exemple, de sa rencontre avec Franco Donatoni.
Plus près de nous, influencées par la pensée d’Edward Saïd, les œuvres du Jordanien Saed Haddad, établi en Allemagne après avoir étudié à Londres auprès de George Benjamin, font résonner un monde étrange et familier, dont l’Orient constitue le canevas, la trame profonde.