Gérard Pesson Maurice Ravel
Alexandre Scriabine Brice Pauset Preuve par la Neige / Inharmonies...

[Musique]

Dernier volet du cycle Gérard Pesson, ce concert permet d’explorer l’une des dimensions fondatrices de sa démarche : le jeu avec la tradition et la mémoire.
Qu’elles s’expriment par la transcription, la citation ou bien l’effacement (voir la série des Nebenstücke), les occurrences du passé sont chez lui, comme l’a écrit Éric Denut, soumises « à de telles métamorphoses, qu’on doute qu’elles aient jamais existé sous une autre forme ».  Cette présence est, chez Gérard Pesson, consusbtantielle et pourtant imperceptible – suivant cette même dialectique qui permet à sa musique d’œuvrer dans la dilution, la réduction, la retenue et l’abstraction et d’arriver à libérer une singulière force dramatique.
Ces œuvres vocales sont l’occasion de souligner cette intensité expressive qui s’est par ailleurs exprimée dans plusieurs ouvrages scéniques. À des transcriptions de Ravel – l’une des sources d’inspiration de ses Cinq Chansons (1999) – et de Scriabine font écho les Chants populaires (2008) qu’il a composés pour Accentus et le Festival d’Automne. 
À ce programme s’ajoutent  Deux Études sur la Belle au bois dormant de Brice Pauset. Il est ici question de la fragilité de la beauté, une tentative d’appliquer à l’écriture pour double chœur des tensions et des questions propres à l’opéra, témoignant du sens de la dramaturgie et de la science de la polyphonie caractéristiques de l’œuvre de Brice Pauset.