Richard Siegal Glossopoeia

[Danse]

Cette pièce est née de la rencontre entre deux champs artistiques – la musique et la chorégraphie – et entre deux écritures. Celle du chorégraphe Richard Siegal, ancien danseur de William Forsythe qui, depuis sa pièce if / then, utilise un système de notation formelle des mouvements ; et celle du compositeur espagnol Alberto Posadas, dont les partitions explorent la combinatoire mathématique. Après avoir travaillé à la transposition musicale d’espaces architecturaux ou de techniques issues de la peinture, Alberto Posadas s'intéresse cette fois à l’implication du mouvement dans la transformation du son.
Grâce à un système de captation et d’analyse des gestes, une interaction en temps réel s'établit entre la danse et les paramètres de transformation de la matière sonore – jouant sur la spatialisation, les textures, les fréquences, les effets d'harmonie… Divisée en plusieurs parties – avec ou sans chorégraphie, utilisant ou non le dispositif interactif – cette pièce dégage une série d'intervalles entre lesquels se glisse un doute sur la nature de nos perceptions : les mécanismes d'interférence modifient-ils notre écoute, notre vision ? Les musiciens sont-ils des instruments, des chefs d'orchestre invisibles ? Comment la musique, en retour, les anime-t-elle ? « L'architecture, écrivait Goethe, est une musique pétrifiée. » En friction, à l'unisson, ensemble ou séparées, musique et danse engendrent un agencement dynamique qui remet l'espace en mouvement.