Robyn Orlin Babysitting Petit Louis

[Danse]

Pour la chorégraphe Robyn Orlin, l'art est indissociable de la construction d'un point de vue critique, en prise directe avec les contradictions de la société. Au croisement des cultures, des genres, son travail se place au point de friction des identités – comme en Afrique du sud, pays dont ses pièces scrutent les blessures depuis le début des années 1990.
Cherchant à exposer les différentes strates des lieux qu'elle investit, elle aborde avec le projet Babysitting un espace familier et pourtant mal connu : le musée. Lieu d'exposition, de conservation, d'Histoire, c'est aussi le lieu de travail quotidien des agents qui surveillent les œuvres. « Demandez à un gardien ce qu'il déteste le plus ! Il vous répondra : indiquer où se trouvent les toilettes ». Initiée en 2002 à Berlin, cette série s'arrête cette fois-ci au musée du Louvre, et s'attache à quelques-uns de ces « babysitters » singuliers – interrogeant leur histoire, le rapport intime qu'ils entretiennent avec les œuvres qu'ils côtoient.
Aucun circuit n'est anodin chez Robyn Orlin : partant de la réduction d'une statue de Louis XIV, symbole de pouvoir, ironiquement renommée Petit Louis, les spectateurs suivent les gardiens dans les méandres du plus grand musée du monde. Accompagnés par des danseurs, des comédiens, ils nous invitent à une visite pleine de surprises, ouverte aux accidents de parcours. Entre le portrait, la déambulation, le spectacle, Babysitting Petit Louis est une œuvre atypique, qui pose sur cette institution séculaire un regard « tendre et critique ».