Olga de Soto Débords. Réflexions sur la Table Verte

[Danse]

Quand la danse explore son passé à la lumière de notre présent. Depuis une dizaine d’années, en parallèle à son travail de création où elle se concentre sur la mémoire corporelle, Olga de Soto interroge l’histoire de la danse à partir d’œuvres emblématiques du répertoire de la danse du XXe siècle.
Après histoire(s), créé à partir de souvenirs gardés par les spectateurs ayant assisté en 1946 à la première du spectacle de Roland Petit Le Jeune Homme et la Mort inspiré d’un argument de Jean Cocteau, elle est partie sur les traces de La Table Verte, ballet mythique créé en 1932 par le chorégraphe allemand Kurt Jooss, dans la période trouble d’entre-deux-guerres, et considéré comme une des œuvres des plus politiquement engagées de l’histoire de la danse.
Ce projet s’articule en deux volets. Dans le premier, Une Introduction, lecture-performance présentée la saison dernière au Centre Pompidou, elle partageait son travail de recherche et de documentation et tendait une ligne entre passé et avenir. Depuis, Olga de Soto a poursuivi son enquête en récoltant des traces sur la perception de La Table Verte par différentes personnes l’ayant vu à différents moments de l’histoire dans différents pays, mais aussi en interrogeant des danseurs  de différentes générations ayant interprété le rôle de « La Mort »  dans cette œuvre.
Un groupe de danseurs a été convié à s’emparer de cette matière pour l’interroger. Sachant que l’importance de La Table Verte ne tient pas seulement à sa dimension esthétique, mais aussi au fait qu’il s’agit d’une œuvre politiquement engagée en pleine montée du nazisme.
Quelle est aujourd’hui encore la charge d’une telle œuvre ? C’est tout l’intérêt de ce travail sur la mémoire où le corps du danseur confronte sa pratique aux différentes strates du passé, devenant à la fois enquêteur et objet de sa propre enquête.