Sylvain Creuzevault Le Capital et son Singe

[Théâtre]

Sylvain Creuzevault est devenu une référence pour tout collectif d’artistes désireux d’inventer une manière conviviale, politique et offensive de travailler le théâtre aujourd’hui. Ce statut privilégié est né, en partie, du succès de ses précédentes créations, au rang desquelles Notre terreur (présentée à La Colline – théâtre national avec le Festival d’Automne à Paris en 2009) qui réussissait le coup de force d’empoigner un pan entier de l’Histoire de France (plus précisément de son héritage révolutionnaire) avec un mélange inédit de plaisir ludique, de hargne politique et de décontraction bon enfant. Il présente aujourd’hui, à l’issue de plusieurs mois de résidence avec une vingtaine de collaborateurs, Le Capital et son Singe d’après Le Capital de Karl Marx. Ce gigantesque monument de l’histoire des idées, dont l’adaptation aurait destabilisé plus d’un metteur en scène, a inspiré à Sylvain Creuzevault une « comédie, pure, dure ». Pas de visée moralisante, de glose autour de l’utopie ou de dissertation sur le « théâtre politique ». Pas question non plus d’héroïser la figure de l’ancien ouvrier ou celle du propriétaire foncier… Non : leur perspective, selon les mots de cet énigmatique metteur en scène, « consiste non pas à aimer les hommes mais ce qui les dévore ».