Aller au contenu
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies notamment pour réaliser des statistiques de visites afin d’optimiser la fonctionnalité du site.
Chargement du calendrier
L'ÉDITION 2017
ABONNEMENT & RÉSERVATION
  • En ligne Billetterie
  • Par téléphone 01 53 45 17 17
  • Par correspondance

    Festival d’Automne à Paris
    156 rue de Rivoli
    75001 Paris

Vous êtes sur la page d'un spectacle de l'édition 2016, retrouvez tous les spectacles de cette édition dans nos archives
Portrait Lucinda Childs

Lucinda Childs

Lucinda Childs, Nothing personal 1963-1989

Exposition

Arts Plastiques & performance

    DATES ET LIEUX
    • CND Centre national de la danse
      24 septembre au 17 décembre
    • Galerie Thaddaeus Ropac / Pantin
      24 septembre au 7 janvier

    Lucinda Childs, Nothing personal présente pour la première fois les archives de la chorégraphe américaine. À l’occasion de la donation d’un fonds exceptionnel au CND Centre national de la danse, le CND s’associe à la Galerie Thaddaeus Ropac à Pantin pour présenter une exposition monographique de l’artiste qui réunit le travail graphique de Lucinda Childs (partitions chorégraphiques, dessins, schémas), ainsi que des documents inédits réalisés par les artistes avec lesquels elle a collaboré, notamment Sol LeWitt, Babette Mangolte, Robert Mapplethorpe et Robert Wilson. L’ensemble des éléments exposés tente de faire découvrir l’invention formelle d’une danse qui, selon la chorégraphe, « n’a rien de personnel ».
    L’exposition se déploie sur deux sites dans la ville de Pantin. Au CND Centre national de la danse, elle détaille la manière dont la danse transforme les lieux qu’elle occupe. Un ensemble de documents retrace le parcours de Lucinda Childs au Judson Dance Theater dans les années 1960 et le passage des espaces alternatifs new-yorkais au théâtre qu’elle investit au début des années 1980 avec des dispositifs optiques qui mêlent danse et image.
    À la Galerie Thaddaeus Ropac, se donnent à lire les pratiques graphiques de Lucinda Childs et de Sol LeWitt. Leur développement parallèle au cours des années 1970 conduit les deux artistes à collaborer à la création de Dance (1979), pièce emblématique de la chorégraphe, sur une musique de Philip Glass. Le motif de l’arc-de-cercle dans les notations chorégraphiques sera confronté au Wall-Drawing #357 de Sol LeWitt qui se déploiera sur les murs de la galerie. La réalisation et l’effacement de ce dessin mural se feront en présence du public.


    Programmes associés :
    Réalisation du dessin mural #357 de Sol LeWitt
    Galerie Thaddaeus Ropac / 24 septembre de 10h à 19h – accès libre

    Sol LeWitt et au-delà – quand arts visuels et danse contemporaine se rencontrent

    Rencontre avec Lucinda Childs et Robert Storr
    Columbia Global Centers | Europe / 6 octobre 19h – accès libre sur réservation à rsvp@artsarena.org

    Lucinda Childs, Sol LeWitt : parcours croisés

    Rencontre avec Lucinda Childs, Béatrice Gross et Lou Forster
    Galerie Thaddaeus Ropac / Pantin / 18 novembre 18h30 – accès libre
    Lucinda Childs s’entretiendra avec Béatrice Gross, critique d’art, et Lou Foster, commissaire de l’exposition.
    Cet échange sera l’occasion de revenir sur la collaboration exceptionnelle de ces deux artistes qui a vu naître Dance (1979), l’une des pièces chorégraphiques les plus importantes du 20ème siècle, sur une musique de Philip Glass.
    Les diagrammes et dessins préparatoires de Lucinda Childs présentés dans l’exposition entrent en résonance avec les « wall drawings » de Sol LeWitt et avec le story-board de l’unique film de l'artiste.

    Une journée avec Lucinda Childs

    Conférences, rencontre, performances et concert
    CND Centre national de la danse / 19 novembreaccès libre sur réservation en ligne
    Découvrez le programme détaillé de cette journée

    Lucinda Childs : un pas de côté

    les séances / Nouvelle cinémathèque de la danse
    CND Centre national de la danse / 8 – 10 décembre – Gratuit pour les abonnés du Festival d’automne à Paris et les adhérents CND
    information et réservation sur www.cnd.fr, www.ropac.net, www.artsarena.org

    Commissariat, Lou Forster
    Scénographie, David Dubois
    Création sonore, Sébastien Roux

    Production et réalisation CND Centre national de la danse ; Galerie Thaddaeus Ropac ; Le O // Avec le Festival d’Automne à Paris //
    En partenariat avec France Inter

    En fouillant dans les archives du Festival d’Automne, on peut constater l’importance accordée aux « pionniers » de la danse américaine. L’édition de 1979 comportait ainsi des spectacles de Merce Cunningham, Deborah Hay, Trisha Brown, ainsi que Lucinda Childs, qui présentait une pièce conçue sur la musique de Philip Glass, marquant le début d’une longue histoire et d’une fidélité jamais démentie. Tous ces noms forment une constellation, qui part de la figure tutélaire de Merce Cunningham, et qui va se redéployer à partir des années 1960 autour d’une nouvelle génération de chorégraphes appelés « postmodernes ». Issus pour la plupart de l’école de Cunningham, mais ayant subi l’influence déterminante des idées de John Cage sur l’action du hasard, le rapport au contexte et le refus des formats pré-établis, ils se retrouvent à New York au sein de la Judson Church, comme un collectif informel d’artistes et de danseurs déterminés à bouleverser les manières de faire et de concevoir la danse. Là, ils vont formuler une exigence de transparence, un rejet de la narration et de l’expression, conjugués à l’utilisation de nouveaux espaces et d’un vocabulaire gestuel fondé sur les mouvements du quotidien. Membre fondatrice de ce courant, Lucinda Childs crée, entre 1963 et 1966, treize pièces comme autant d’intrigants objets oscillant entre la performance, la sculpture et le rituel quotidien. Dans un entretien, Yvonne Rainer se souvient de l’étrangeté à voir cette jeune femme au corps élancé se livrer à d’étranges opérations sur son corps, comme dans la célèbre pièce Carnation où elle se transforme en ready-made orné d’objets domestiques. Pour Lucinda Childs, ces pièces étaient avant tout des exercices visant à se libérer de ses propres académismes : mais avec la mise en question de l’espace théâtral et le refus du « spectaculaire » pointent déjà la rigueur de la composition, l’utilisation de la répétition et l’accumulation d’actions élémentaires comme bases de composition. En cela, le cheminement de Lucinda Childs est exemplaire d’une trajectoire qui s’ancre dans le laboratoire de la danse postmoderne pour ensuite inventer son langage propre minimaliste, dont le mot d’ordre est celui de la simplicité et de l’économie de moyens.
    À partir de 1968, elle va appliquer cette logique de déconstruction au vocabulaire classique qu’elle apprend au même moment. Toutes les œuvres de cette période, comme Radial Courses ou Katema, cherchent à redéfinir les combinaisons entre la marche, la course, le saut, le jeté et l’implication géométrique du corps dans l’espace. L’abstraction qui en résulte affirme un refus de l’expression personnelle, au profit de formes générées par leur dynamique propre – le plus souvent en silence, dans des espaces alternatifs comme les galeries ou les musées. Une autre étape déterminante est la rencontre avec Philip Glass et Robert Wilson, pour lesquels elle signe en 1976 la chorégraphie de l’opéra Einstein on the Beach. Sous l’impulsion du langage scénique épuré de Wilson et de la musique de Glass – dont la précision rythmique et la simplicité mélodique sont en adéquation parfaite avec ses propres recherches, elle se lance dans la conception d’une grande forme pour la scène. Le résultat sera Dance en 1979, poème chorégraphique dont le titre résume bien la tension vers une forme qui ne serait que danse : des pas simples, modulés par les rythmes, répétés jusqu’au vertige, soutenus par la musique de Glass et l’installation filmique de Sol LeWitt. AVAILABLE LIGHT en 1983 marque l’apogée de cet élan harmonique entre les constructions musicales, chorégraphiques et spatiales.
    Une troisième période cruciale est initiée au début des années 1990 par la collaboration avec la claveciniste Elisabeth Chojnacka qui lui fait découvrir le champ de la musique contemporaine européenne. Au contact de compositeurs comme Luc Ferrari, György Ligeti, Henryk Górecki ou Mauricio Kagel, dont les structures non-linéaires désarticulent la clarté de ses lignes minimalistes, sa danse se transforme. Des pièces comme Rythm Plus ou Concerto témoignent de cette inflexion, laissant plus de place à la fragilité des états, au tremblé des figures. Des années 1990 aux années 2000, son approche se diversifie : régulièrement invitée par de prestigieuses compagnies de ballet, elle chorégraphie ou dirige de nombreuses productions d’opéra comme Orphée et Eurydice de Gluck, Zaide de Mozart, ou Dr. Atomic de John Adams – diversité qui marque son travail jusqu’à aujourd’hui.
    L’œuvre de Lucinda Childs, que le Portrait proposé par le Festival d’Automne rend visible dans toute sa diversité, a eu une influence déterminante sur de nombreux chorégraphes – de La Ribot à Anne Teresa De Keersmaeker – et sur tous les champs qu’elle a abordés : la performance, le spectacle, l’opéra ou le ballet – renouvelant en profondeur l’art chorégraphique du XXe siècle par son approche résolument pluridisciplinaire. Que ce soit via le travail de reconstitution mené avec sa nièce Ruth Childs, sa compagnie, ou les pièces qu’elle a transmises au Ballet de l’Opéra de Lyon, cette danse poursuit sa vie stellaire, comme une ode à la pureté du mouvement.

    Gilles Amalvi