OHIBERRITZE Tradition et création au Pays Basque

[Musique]

En langue basque, ohi introduit l’idée d’un mouvement perpétuel, berritze implique une renaissance. Ohiberritze, c’est une renaissance permanente. Les pastorales des hautes vallées pyrénéennes de la Soule, enracinées là depuis des siècles, sont des représentations théâtrales en langue basque. C’est un rituel d’une beauté hiératique, né de la confrontation entre mondes divin, satanique et humain, rythmé par la frappe des makilas. Chaque année, un village se mobilise pour cette création ; en 2016, Tardets-Sorholus, au sud de la Soule. Cette pastorale raconte la vie de Jean Pitrau (1929-1975), figure charismatique du village et l’un des pères du syndicalisme agricole européen. Une heure d’extraits de Jean Pitrau Pastorala ouvre ce concert-spectacle en quatre parties.
En deuxième partie, Maurice Ravel : le Trio Dali interprète ce Trio construit sur un rythme de zortziko, emblème d’une musique basque dont Ravel, enfant de Ciboure et bascophone par sa mère, s’inspira souvent.
Suivent des extraits de l’opéra en cours d’écriture de Ramon Lazkano : Ravel (Scènes). Cet opéra repose sur le roman éponyme dans lequel « Jean Echenoz raconte, avec une grande économie de mots et en accélérant le temps, les dix dernières années de la vie de Maurice Ravel, la terrible progression de l’aphasie jusqu’à la perte de l’identité » (Ramon Lazkano).
C’est un court récit écrit et dit par Titika Rekalt dans la langue souletine qui introduit la brève séquence finale des jeunes danseurs et des chanteuses. Tous ensemble, ces jeunes artistes réinventent ces gestes de toujours qui fabriquent la tradition vivante d’aujourd’hui, Ohiberritze.