Anna Boghiguian Le carré, la ligne et la règle

[Arts Plastiques]

À l’écoute du monde, Anna Boghiguian cherche à rendre compte de la condition humaine en réalisant des œuvres à la fois poétiques et politiques. Elle élabore une cartographie qui révèle les interactions entre individus, cultures et territoires, passé et présent.

Anna Boghiguian, née en 1946, réalise des installations immersives, mais interroge aussi l’espace intime dans sa pratique du dessin et de l’écriture. La forme du récit est son principe de pensée pour mieux comprendre ce qui lui est donné à voir. Elle a illustré des textes importants de Constantin Cavafy, Rabindranath Tagore ou Giuseppe Ungaretti. Elle voyage sans cesse pour abolir les frontières, crée où elle se trouve, mais retourne toujours dans sa ville natale, Le Caire.
Ses créations sont toujours des compositions très denses où apparaissent parfois ses propres écrits. Ses narrations mêlent l’histoire personnelle et le politique, déconstruisent le réel pour aller vers le mythologique et l’universel. Face à un monde en continuelle transformation, Anna Boghiguian choisit d’utiliser la cire, matériau à la fois solide et liquide, comme un écho à la brièveté de la vie qui s’écoule et disparaît dans le grand cycle de la nature.
Après avoir exposé au ZKM à la Documenta 13, aux biennales de Sharjah, Venise, Istanbul, au New Museum of Contemporary Art de New York et à la Tate St Ives, Anna Boghiguian est l’invitée du Festival d’Automne à Paris. Dans la grandiose cour vitrée du Palais des études des Beaux-Arts de Paris, Anna Boghiguian crée un vaste échiquier reflétant les relations riches et tumultueuses des individus dans un monde soumis à d’incessantes métamorphoses.
Deux jeux complets sont placés de part et d'autre de la cour vitrée et opposent respectivement un groupe de soldats à des manifestants et une assemblée de penseurs aux hommes et femmes politiques qui ont pu avoir pour ambition de mettre en œuvre leurs idées, bien souvent en les trahissant. Le poète Tagore y croise Chávez, Gandhi, des derviches ou la reine Victoria. Les soixante-quatre pièces ont toutes été peintes sur papier, marouflées sur bois et suspendues à la verrière de la cour vitrée. Autour d'elles, tables et chaises sont mises à disposition de joueurs d'échecs amateurs ou confirmés, étudiants des Beaux-Arts de Paris ou professionnels rassemblés à l'occasion de tournois organisés par la Ligue d'Echecs d'Ile-de-France.
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À l’invitation du Festival, Anna Boghiguian réalise une œuvre en édition limitée qui sera en vente sur la boutique en ligne à partir d’octobre.
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L’exposition sera accompagnée d’un catalogue en français (100 pages, illustrations couleurs).