Sébastien Lifshitz Images perdues, images trouvées

[Cinéma]

Depuis la fin des années 1990, Sébastien Lifshitz trace une œuvre cinématographique aussi délicate que politique. À l’occasion de la sortie en salles de son nouveau long métrage, Adolescentes, le Centre Pompidou revient sur l’ensemble de son travail et présente une exposition inédite de photographies vernaculaires dont le cinéaste est un grand collectionneur.

Un sourire, des mains, un regard, Sébastien Lifshitz, cinéaste passé par l’École du Louvre, est devenu, depuis Les Corps ouverts, son premier moyen métrage, en 1998, un formidable portraitiste attaché à l’intimité du détail. Avec Bambi dans le film du même nom (2013), Thérèse Clerc dans Les Vies de Thérèse (2016), mais aussi l’artiste Valérie Mréjen dans Il faut que je l’aime (1994), ou encore la cinéaste Claire Denis dans Claire Denis, la vagabonde (1995), Lifshitz donne à voir une communauté joyeuse et profonde, dans un mouvement résolument tourné vers l’autre. Au fil de plus de dix films à ce jour, longs métrages de fiction et documentaires de tous formats, il questionne insatiablement les dimensions du genre et la pluralité de nos identités, comme en 2012 avec Les Invisibles, récompensé par le César du meilleur documentaire.
Passionné de photographie amateur, qu’il collectionne de façon compulsive depuis que, enfant, il allait les acheter aux puces par paquets, Sébastien Lifshitz présente, en parallèle de la rétrospective de ses films, l’exposition Photo perdue, photo trouvée. À travers cette proposition inédite, rassemblant plus de 400 pièces et imaginée comme une anthologie subjective de la photographie vernaculaire, Sébastien Lifshitz raconte une part intime de son éducation artistique.