Olga Neuwirth Le Encantadas o le avventure nel mare delle meraviglie

[Musique]

Le Encantadas d’Olga Neuwirth s’inspirent des « îles enchantées », les Galapagos, dans la description qu’en donna Herman Melville. De ces terres du Pacifique s’élève une splendide méditation sur l’animal, l’aventure des mers, la découverte de l’archipel, ses événements historiques hors du temps et la vie, parfois cruelle, de ceux qui l’habitent.

Les dix « esquisses » philosophiques des Encantadas, publiées en 1854, puis recueillies dans The Piazza Tales, oscillent entre manifeste social et sidération devant un monde volcanique. Le voyage de Melville entraîne également Olga Neuwirth à Venise. Entre la basilique Saint-Marc et l’Arsenal s’élève l’église San Lorenzo, centre musical de la Renaissance, rattaché à un monastère où l’on enterra Marco Polo. Prometeo de Luigi Nono y fut créé en 1984. Or, le délabrement de l’église a, depuis, contraint les autorités à la fermeture de ses portes. Olga Neuwirth la visita pourtant, fascinée par son espace, ses réverbérations, ses bruissements, ses murmures, ses craquements, ses hurlements et ses chants, « comme un bateau sur la mer ». Avec les moyens informatiques de l’Ircam, Le Encantadas recréent splendidement, dans la salle de concert, l’acoustique de San Lorenzo et la préservent ainsi. Un archipel, « une “arche des rêves” voyageant à travers l’espace et le temps d’une île à l’autre, et sur les mers agitées ».