Thomas Quillardet Ton père

[Théâtre]

Thomas Quillardet adapte Ton père de Christophe Honoré, dans un dispositif quadri-frontal. Dans ce roman autobiographique, le narrateur s’interroge sur sa situation d’homme homosexuel et père, et sur les préjugés de la société. Explorant tous les recoins de sa vie, il se remémore son adolescence et sa relation à son propre père.

Ton père s’ouvre avec le réveil brutal du narrateur. Sur la feuille que sa fille de dix ans a trouvée punaisée sur la porte de l’appartement ce dimanche-là, un mot anonyme : « guerre et paix, contrepèterie douteuse ». Le voilà violemment mis à l’index ; soupçonné, parce que gay, de ne pouvoir être père. Entre introspection et enquête à suspens – qui est cet ennemi invisible qui le poursuit ? –, pétri de doutes mais non dénué d’humour, le narrateur, interprété par Thomas Blanchard, ques-tionne la place assignée à chacun dans une société corsetée. Déstabilisé par l’intrusion de cette punaise dans sa vie comme un caillou dans sa chaussure, le voilà qui revisite la jeunesse en Bretagne, la famille et les premières fois – le désir, la drague, les filles, les garçons, l’écriture, Paris… – ainsi que sa relation à son propre père. Thomas Quillardet invite les spectateurs dans l’intimité du personnage à travers un dispositif quadri-frontal habité par les voix de cinq acteurs qui interprètent à eux seuls vingt-trois personnages.