Rodrigo García Jardineria humana

[Théâtre]

L’incendie allumé l’an passé par le passage d’After Sun, le premier spectacle de Rodrigo Garcia présenté au Festival d’Automne n’est toujours pas éteint. Et sur ces ruines fumantes, l’argentin madrilène a déjà reconstruit deux nouveaux spectacles : « J’ai acheté une pelle en solde pour creuser ma tombe » et « Jardinage humain ». Deux titres qui ne cachent rien et révèlent, dans la crudité de leur énoncé, la lucidité de cet entomologiste du social qui revendique et manifeste : «je fais un théâtre sale, laid, en rapport avec ma vision du monde. Je n’ai nulle envie d’évoquer le monde tel qu’il nous est montré, édulcoré, idyllique. J’aime regarder ce qui se trame à l’intérieur. Je fais un théâtre violent qui répond violemment à la violence que je ressens tout simplement autour de moi ». Dans « J’ai acheté... », la Carniceria Teatro dénonce l’obscénité du corps marchandise et les icônes de la consommation. Corps encore dans « Jardinage humain » où l’acteur insomniaque se rêve en plante, livré au sécateur du jardinier «malfaisant », dont le visage se révèle tour à tour manipulateur politique, chirurgien esthétique, éducateur de jardin d’enfants.