Romeo Castellucci p.#06 paris

[Théâtre]

P.#o6 Paris : nom codé d’une station du chemin de croix rituel auquel la Sociétas Rafaello Sanzio soumet la tradition du théâtre. Après la rhétorique (Giulio Cesare), le meurtre de l’homme (Genesi), c’est au tour de la tragédie d’être soumise à la question. Tragedia Endogonidia, onze épisodes présentés en trois ans dans autant de villes européennes, est régie par un principe organique (figures récurrentes pour un spectacle repensé chaque fois différemment) qui prend souche dans une matière commune : refonder le lien tragique « là où le politique attend son invention ». Au plus loin d’Eschyle et de la tradition, « immense archive vide à laquelle il convient de mettre le feu », Roméo Castellucci dessine un lieu vacant ouvert aux expériences les plus extrêmes. Au cœur de la contradiction dont témoigne son titre, entre la mort du héros que présuppose la tragédie et l’immortalité de la gonade, organisme capable de se survivre indéfiniment par dédoublement de soi.