Dominique Pasqualini No commedia

[Théâtre]

En d’autres temps, - Pline a raconté tout cela – la fille du potier Butadès de Sycione aurait tracé sur le sol la silhouette ombrée de son fiancé avant qu’il ne parte pour la guerre, ceci afin d’en garder la mémoire. Naissance d’une forme entre les doigts du potier appelé à reconstituer le corps de l’absent, origine mythique des Arts plastiques.
C’est d’une interrogation sur cette part d’ombre qui peut précéder l’image et sur cette autre, portée –et parfois mal reçue- par le théâtre sur le monde de l’art, qu’est né le projet No commedia. Au centre du dispositif imaginé par Dominique Pasqualini, artiste plasticien, vidéaste et auteur, chercheur d’images et de confrontations des mondes virtuels et réels, se trouve l’haptomat. Une technologie de saisie et de capture du corps en temps réel capable de donner naissance à une ombre virtuelle qui s’affranchit sur l’écran de l’acteur qui lui a donné naissance. « L’appareil fonctionne comme une cabine de photomaton dans laquelle on n’a même plus besoin d’entrer. Une camera oscura retournée théoriquement comme un gant ».
Une actrice aussi, pour combattre le titre, qui tentera “son grand théâtre”, un lecteur qui fera sa “petite théorie” du théâtre, un musicien, toute une technologie du virtuel.
Ecrans et questions à traverser : que reste-t-il à l’acteur pour jouer à l’heure de l’électronisation des mœurs ? Comment rendre compte du mouvement d’un corps ? Que devient le théâtre à l’heure du reality show ? Comment inscrire l’expérience scénique dans la techno-mémoire ?