Deborah Hay The Match

[Danse]

Qu’elle danse en duo avec Mikhail Baryshnikov pour le White Oak Dance Project, quitte New-York pour le Vermont afin de travailler avec des interprètes « non formés », s’installe au Texas pour se concentrer sur ses solos ou collabore avec des musiciens comme Terry Ryley ou Ellen Fullman, Deborah Hay a toujours pris ses distances avec ce qu’elle nomme « l’arène de l’exécution ».
Son passage chez Cunningham dans les années soixante ou les expériences menées au sein du Judson Dance Theatre occupent une place égale avec les souvenirs qu’elle garde des premières leçons de danse que sa mère lui a données à Brooklyn, de son passage au New York City Ballet de Balanchine ou des concerts du Rocket Orchester lorsqu’elle était adolescente.
Sans doute parce que Deborah Hay porte une attention toute particulière à la personne du danseur, corps «  éveillé » se souvenant de son apprentissage du mouvement, plutôt que des caractéristiques ou notations techniques de sa forme. Une danse qui fait la part belle à l’énergie, qui enseigne tout autant qu’elle apprend et refuse toute grammaire figée. Une attention vive portée à chacun des gestes, une écoute permanente du corps de l’autre.
The Match est une partition hétérogène et imprévisible de mouvements qui reflète une société dont les règles, transparentes pour ses membres, restent insondables pour le public.
Les grimaces et les gesticulations insolites des danseurs, - l’accompagnement musical est constitué de sons émis par les interprètes - se superposent à des costumes et des éclairages qui sont autant de rappels à notre vie quotidienne, brouillant nos repères habituels. Chaque soir, deux soli différents suivent et creusent le thème central de l’œuvre : un questionnement sur la nature des danseurs et du temps.
The Match s’inscrit dans la recherche de Deborah Hay sur la danse en tant qu’ « exploration du mouvement dans toute sa diversité, sans discrimination ».