Théâtre du Radeau
François Tanguy Coda

[Théâtre]

En une quinzaine d’années, François Tanguy et le Théâtre du Radeau sont parvenus à installer – à l’image de ces lieux singuliers qu’ils occupent au Mans, « la Fonderie », ancienne usine hantée de théâtre ou chapiteau nomade provisoirement installé à la lisière d’un bois – l’un des univers les plus personnels de la scène francophone. Dans Coda, comme dans ses précédents spectacles – Choral, Orphéon, Cantates – la référence musicale annonce une écoute différente du texte : « un théâtre pratiqué comme une célébration, où il ne s’agit pas tant de représenter que de mettre en abîme le mythe et le sens du langage. » Contre le flux d’une communication contemporaine oublieuse, François Tanguy construit un théâtre de mémoire où passent les ombres et les voix de Dante, d’Artaud, de Kafka, d’Hölderlin, Lucrèce ou Gadda mais aussi de Verdi, Luigi Nono, Maderna et Wolfgang Rihm, souvent inaudibles mais traversant profondément l’espace, les corps et les visages des acteurs qui les portent jusqu’au vertige.
Textes, auteurs, acteurs, danseurs, apparitions et disparitions, élans et chutes, rumeurs et chants, corps et âmes sont ici comme autant d’effigies, de spectres qui s’inscrivent aux lisières de la conscience.
« Coda, c’est là que ça commence, un mouvement qui ne consisterait qu’à tendre vers ce seuil d’où le mouvement par la perception se remet en mouvement. »