Mathilde Monnier La Place du singe

[Danse]

Huit ans après arrêtez, arrêtons, arrête, Mathilde Monnier retrouve l’écrivain Christine Angot mais cette fois les deux artistes sont elles mêmes sur le plateau. Elles s’expriment dans un duo où chacune va prendre la parole, par la danse, par le texte. L’enjeu, c’est de faire l’expérience de ce qu’on peut avoir à dire ensemble sur scène.
« Qu’est-ce que la bourgeoisie ?
Qu’est-ce que le bonheur ?
Est-ce que je suis bourgeoise, est-ce que je suis heureuse ?
Y a-t-il des critères ?
Est-ce que je les connais ?
Comment je les connais ? Qui me les a enseignés ?
Mathilde Monnier est née dans une famille bourgeoise d’industriels alsaciens de Mulhouse. Dans laquelle elle ne s’est jamais sentie bien. On ne se sent donc pas bien dans la bourgeoisie ? Pourtant c’est notre modèle à tous, pourquoi ? Et moi, quelles sont mes racines sociales ? Quelles sont nos racines sociales, et aspirations, bourgeoises, et surtout est-ce que nous y comprenons quelque chose ? Quel est mon rapport à la bourgeoisie, à quel degré j’en viens ? Par rapport à la bourgeoisie, quel est notre mélange de fascination, de fierté et de détestation ? Et surtout, qu’est-ce que nous comprenons aux codes bourgeois ? A la souffrance bourgeoise, à la disparition ? A : se contenir ? Puisque le bourgeois c’est celui qui accepte tout pour se fondre dans sa classe. Tout. Comment n’étouffe-t-il pas ? Parce qu’il aménage des bouffées d’oxygène à l’intérieur de son système où il satisfait certains de ses désirs personnels ou pulsions. Et l’art, et le théâtre, c’est quoi pour lui ? Une bouffée d’oxygène ? Ou une bouffée anxiogène qui lui rappelle qu’il possède tout sur terre sauf le plateau peut-être, et la littérature ? A voir… Un mélange. Car sans la bourgeoisie nous ne sommes rien. Si la bourgeoisie n’adoube pas l’artiste, il n’existera pas. C’est lui l’ami-ennemi à combattre-séduire.»
Christine Angot