Lieux de musique III

[Colloques]

Programme détaillé en cliquant sur bible du spectacle

En 2006 et 2007, Lieux de Musique a fait se rencontrer architectes et compositeurs à propos de ces philharmonies érigées en icônes
architecturales, hier à Los Angeles, Rome, Kyoto, Singapour ou Saint-Sébastien, demain à Hambourg, après-demain à Paris...

En 2008, nous questionnons l’écoute et son dispositif : quelle relation le lieu instruit-il entre tel ou tel répertoire musical, telle ou telle performance et l’écoute ?
À l’ère de l’iPod et du Dolby surround, on parvient à reconstituer chez soi et dans des pavillons auriculaires une qualité de son approchant celle d’une salle de concert.
Comment alors expliquer que l’on s’obstine à construire de nouveaux auditoriums, que l’on organise des concerts, que l’on programme des festivals ?
Les sociologues ont leur réponse : l’écoute personnalisée, nomadisée par l’offre technologique, ne s’oppose pas à la participation des individus à des événements publics. Le caractère « omnivore » (Richard Peterson) des consommations culturelles s’accompagne d’une démultiplication de soi qui permet d’additionner des comportements que l’on pourrait croire incompatibles.
Un “lieu de musique” ne saurait se réduire à un espace que l’on pratiquerait pour cumuler des activités ou se démultiplier. Nous proposons de déplacer la question : dans un monde saturé par l’image, n’y aurait-il pas quelque chose comme une mystique de l’écoute qui élit son lieu dans le concert ?

Est-ce seulement notre oreille accueillant quelques vibrations sonores, ou n’est-ce pas plutôt nous qui
entendons ensemble, en ce lieu qui détermine notre écoute, une fugue de Bach, une symphonie de Beethoven, un dispositif de Stockhausen ou de Nono ?

La programmation, l’attente, l’entrée dans ce monde du silence, la place où l’on vient s’asseoir, l’attention que l’on porte au surgissement de musique sont autant de balises familières qui confèrent au concert sa part de rituel : la condition de possibilité d’une vie intérieure en même temps qu’un moment de socialisation.

Comment nous engageons-nous dans ce moment de recueillement qui fait le temps du concert ?

Compositeurs, architectes, neurologues, historiens, philosophes et musicologues dialoguent sur ce thème cardinal de la vie de la musique, de nos propres vies.