György Ligeti / Karlheinz Stockhausen / Pierre Boulez Kreuzspiel / Aventures et Nouvelles Aventures...

[Musique]

Pierre Boulez a défendu et créé, en France,  les oeuvres de l’un et de l’autre avec conviction et engagement. Il a eu des discussions enflammées avec Stockhausen sur la «  forme ouverte » ; il a enregistré la musique de Ligeti dès 1960. Le Domaine musical, puis l’Ensemble intercontemporain ont été les outils forgés pour défendre ces compagnons de route.
Pierre Boulez s’est aussi passionné pour l’écriture phonétique des Aventures de Ligeti, dont le livret, constitué de chuchotements, susurrements ou croassements, était en 1962 un jalon nouveau et essentiel au théâtre musical. Le Concerto de chambre avec son écriture musicale faite de flous, décalages ou imprécisions volontaires, a également retenu l'intérêt du chef-compositeur séduit par l’énergie rythmique et le lyrisme parfois romantique de cette partition.
Ce sont d’ailleurs avec ces mêmes questions, liées à l’écriture musicale, qu’apparaissent les oeuvres de Stockhausen. Ainsi Kreuzspiel ou Kontra-Punkte contestent la mise en page d’une partition comme le déroulement linéaire de la musique. Tout peut être interrogé en ces années 1950 par ces jeunes créateurs soucieux de modernité. C'est pour cela que Pierre Boulez joue Kontra-Punkte, dans le feu de l'action, et dès 1956, au Domaine Musical. Il dirige ici les Fünf weitere Sternzeichen, ultime opus d'un compositeur qui n'a jamais cessé de renouveler son langage musical.