Harun Farocki
Christian Petzold Rétrospectives

[Cinéma]

Harun Farocki a entrepris, dès les années 1960, une vaste relecture du siècle à travers ses images. Christian Petzold, avec lequel il a collaboré, s’est imposé depuis 2000 comme l’un des cinéastes-phares allemands. Leurs rétrospectives respectives et les installations de Harun Farocki révèlent les spectres du monde actuel.
Harun Farocki, disparu en 2014, lègue une œuvre considérable : plus de cent films, près de trente installations et de nombreux écrits, qui marquent définitivement l’histoire du cinéma et des médias. Ses films sont souvent construits à partir d’images préexistantes, qu’il parcourt et interroge pour analyser les ressorts de l’économie, la politique, la guerre, et leurs manifestations dans la société. Ses installations déploient sa réflexion sur les médias et les dispositifs. Éminemment critique, attachée à rendre aux images une lisibilité menacée par leur instrumentalisation, son œuvre agit comme un révélateur. La rétrospective et l’exposition présentées au Centre Pompidou s’inscrivent dans le cadre d’un hommage qui, après Berlin, passe par Paris et Marseille (Friche la Belle de Mai).
Christian Petzold a écrit ses films avec Harun Farocki, qui fut son enseignant. De Pilotes (1995) à Barbara (2012) et Phoenix (2015), ses fictions s’intéressent, comme les essais et documentaires de son aîné, aux crises et mutations. La rétrospective de son œuvre, qui a fait de lui le chef de file d’un cinéma allemand en plein renouveau, sonde, entre passé et présent, les hantises de l’Europe contemporaine.

En présence de Christian Petzold (23 au 29 novembre), Antje Ehmann (23 novembre) et Nina Hoss (29 novembre)