Gisèle Vienne L’Étang
d’après Robert Walser

[Théâtre]

Suite aux mesures gouvernementales du 24 novembre 2020 pour faire face à l’aggravation de la crise sanitaire, et après discussion avec le théâtre partenaire et la compagnie, nous vous informons du maintien d’une partie de l’exploitation prévue du 15 au 20 décembre 2020 (avec de nouveaux horaires) et du report d’une autre partie du 15 au 24 avril 2021
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Adaptation d’un court texte de jeunesse de l’écrivain suisse Robert Walser, L’Étang expose au regard les plis et replis d’une histoire d’amour filial, en distribuant les rôles entre deux comédiennes, Adèle Haenel et Ruth Vega Fernandez.

L’Étang est un drame familial qui se distingue du reste de l’œuvre de Robert Walser (1878-1956) : c’est un texte privé que le jeune écrivain avait offert à sa sœur et l’unique qu’il écrira jamais en suisse-allemand. C’est l’histoire d’un enfant qui se sent mal aimé par sa mère et simule, au comble de son désespoir, un suicide pour vérifier l’amour qu’elle lui porte. Quels sont vraiment les enjeux ici ? Qu’est-ce qui se joue entre les lignes et sur scène ? Quelles sont les différentes strates de langues, des narrations aux paroles, formulables ou non, qui composent notre perception, notre compréhension et nos échanges ? Ces questionnements – depuis longtemps au cœur du travail de Gisèle Vienne – sont mis en abyme à travers le texte de Robert Walser et le dispositif scénique : Adèle Haenel et Ruth Vega Fernandez incarnent respectivement un et deux personnages tout en prêtant leurs voix aux autres, figurés par quinze poupées. Sur le plateau, les huit scènes et les dix-sept corps sont exposés en permanence. Coexistent ici plusieurs niveaux de perceptions de la réalité et de la temporalité, de l’intériorité et de l’extériorité. Interrogeant les conventions du théâtre et de la famille, L’Étang pose notamment la question, dont l’aspect essentiel fait vaciller, de ce que l’on voit – la représentation partagée de la réalité, la norme sociale.
Cette pièce est créée en souvenir de la collaboratrice de longue date de Gisèle Vienne, la comédienne Kerstin Daley Baradel, décédée en juillet 2019, avec laquelle la metteure en scène et son équipe avaient développé si intimement ce travail.