Tsai Ming-Liang Une quête

[Arts visuels]

Depuis Vive l’amour, en 1994, pour lequel il reçoit le Lion d’or à la Mostra de Venise la même année, le cinéaste Tsai Ming-Liang est considéré comme le chef de file de la seconde vague taïwanaise. Alors que Days, son nouveau long métrage, sort en salle, il présente une exposition inédite et l’ensemble de ses films au Centre Pompidou.

En 2003, Tsai Ming-Liang réalisait l’inoubliable Goodbye, Dragon Inn, une ode nostalgique et éperdue à la puissance du cinéma. À travers onze longs métrages à ce jour, de nombreux courts métrages et films pour la télévision, mêlant chacun une forme d’ascèse esthétique à des tentatives formelles revisitant parfois le genre, le cinéaste de Taïwan dépeint son île comme un territoire halluciné. Depuis bientôt trente ans, il fétichise la force mutique de son double et acteur, Lee Kang-Sheng, pour mieux raconter l’incommunicabilité entre les hommes et le désir qui, seul, permet d’en réchapper, de The Hole, en 1998, à La Saveur de la pastèque, en 2005, en passant par Les Chiens errants, en 2013. Le cinéaste présente l’ensemble de ses films ainsi qu’une importante exposition inédite, Une quête. Depuis plus de dix ans, Tsai Ming-Liang a entamé un travail plastique important, inédit encore en Europe. Il développe ici ses obsessions, la réflexion qu’il mène sur la notion de lenteur, déjà au cœur de son œuvre, sublimée encore par la réalité des deux dernières années confinées. Il propose également le neuvième opus inédit de la série des Walker Films, tourné au Centre Pompidou. Une expérience immersive au cœur de différentes matières, du film au papier froissé.