Caterina Sagna P.O.M.P.E.I

[Danse] Que peut la danse, art éphémère par essence, contre l’entreprise d’érosion du Temps ?
C’est à cette question que se confronte Caterina Sagna avec P.O.M.P.E.I., diptyque très organique, dont la deuxième phase, Presque Oubliées Mais Peut-Être Immortelles, se situe dans le prolongement naturel de la première, présentée à Naples en juin 2008. Ici, sur scène, trois danseurs doivent se débattre à la fois avec leur propre corps et avec un dispositif vidéo diffusant « trois pures images de femmes, d’âge et d’aspect physique différents, destinées à contrebalancer la présence et l’aspect supposés réguliers des danseurs ».
Cette lutte acharnée avec la matière génère une pièce qui « incarne, telle une ville ensevelie sous la lave, le mystère fondamental de la forme, son scandale le plus secret ».
Après avoir été interprète – notamment chez Carolyn Carlson – Caterina Sagna a fondé en 1987 la compagnie Nadir, au sein de laquelle elle va concevoir une longue série de spectacles s’inspirant de textes littéraires. En 2000, elle crée sa compagnie et entame un nouveau cycle de créations marquées par un sens de l’humour plutôt virulent. En butte aux idées reçues, sa pratique chorégraphique, caractérisée par des élans et des motifs très spécifiques, invite à la réflexion autant qu’à la jubilation.