Raimund Hoghe Sans-titre

[Danse]

L'invitation tient une place importante dans le travail de Raimund Hoghe. Que ce soit Lorenzo de Brabandere dans Sacre – The Rite of Spring, ou Emmanuel Eggermont dans L'Après-midi, ils sont nombreux à peupler l'espace de ce chorégraphe qui depuis son premier solo, Meinwärts (Vers moi), n'a cessé d'ouvrir son univers à la présence d'autres corps. Présences réelles, imaginaires,  voix, silhouettes passées au filtre de la mémoire, histoires convoquées par des refrains, des chansons. La scène vacante est habitée ; les mouvements, les rituels qui la découpent mènent une lutte avec des lambeaux de temps.
Pour Sans-titre, Raimund Hoghe a invité Faustin Linyekula, chorégraphe et danseur congolais. Inviter, pour lui, c'est arranger un espace perméable au partage. Suggérer une musique qui, comme celle de Bach, suivra son chemin en chacun – danseur et spectateur. Apporter quelques objets, les déplacer, pour ensemble construire des points, des contrepoints, des zones de friction. Attendre une image, la défaire, la laisser dériver ; permettre la création d'un langage à travers lequel deux corps, de forme, de couleur et de culture différentes puissent se rencontrer. Exposer. Amener. Déplier leur rapport à la mort, au temps.