tg STAN Le Chemin solitaire

[Théâtre]

Depuis des années, un homme mène son existence loin de la femme et du fils qu’il a jadis délaissés. Sans lui, dans le plus lourd des mensonges, un équilibre s’est recréé : le fils ignore l’existence de ce père biologique. Le Chemin solitaire, pièce chorale du dramaturge viennois Arthur Schnitzler, relate l’ultime retour de cet homme soudain poussé, par besoin de reconnaissance, à franchir le seuil fatidique du foyer et à divulguer le secret. Il ne sera question que de relations avortées, d’égoïsmes incurables et de transmissions impossibles. Écrit en 1904 à l’orée de la psychanalyse, cet examen en cinq actes des rouages du mensonge rappelle que Schnitzler fut médecin psychiatre avant d’être écrivain. Dès lors, le tg STAN extirpe Le Chemin solitaire de son contexte de création pour privilégier une approche quasi-abstraite du drame, proche des structures de l’inconscient. Sur l’aire de jeu, les personnages deviennent des figures interchangeables, endossées indifféremment par les hommes ou les femmes. Un jeu de passation de masques symptomatique de la virtuosité avec laquelle le collectif flamand met en crise la notion de personnage et entrave l’instauration stable de la fiction. Le Chemin solitaire est une des œuvres les plus âpres jamais proposée par le tg STAN. Elle s’impose également comme leur pièce charnière. Créée en 2007 avec diverses générations d’acteurs, c’est avec sa reprise que sont célébrés les vingt ans du collectif anversois.