Tim Etchells Sight Is The Sense That Dying People Tend To Lose First

[Théâtre]

La scène étant un espace vide, le monde entier peut s'y engouffrer. Mais le monde entier c'est quoi exactement ? Est-ce que cela ne prend pas trop de place ? L'homme qui se pose de telles questions est seul sur scène. Il n'a pas peur du vide. Il sait aussi que le temps joue pour lui. Calmement, doucement, il tente d'expliquer de quoi est constitué notre monde. De traduire en mots tout l'univers. Vaste entreprise qui tendrait à l'infini. On se demande comment il va s'en sortir. Lui reste imperturbable ; un peu au hasard, comme cela lui vient à l'esprit, il empile les faits et définitions. C'est le comédien Jim Fletcher qui interprète cet encyclopédiste quelque peu loufoque, héritier inconscient de Borges et de Flaubert. Tim Etchells, qui l’a remarqué dans les spectacles du New-yorkais Richard Maxwell, lui a proposé cette création en solo. Au fil des répétitions, tout deux ont élaboré, à partir d'un texte écrit par Tim Etchells, cet inventaire désopilant énuméré par un type d'une placidité inébranlable. Convaincu du bien fondé de sa tentative, l'homme finit par produire quelque chose qui ressemble à un chaos phénoménal. Mais, peu à peu, au milieu du désordre une forme se dessine, comme un portrait en creux...