tg STAN Les Estivants

[Théâtre]

Doté d’un puissant capital sympathie depuis ses premières mises en scène d’Oscar Wilde ou de Witold Gombrowicz, le collectif d’acteurs anversois tg STAN est désormais devenu une figure tutélaire pour une génération entière d’artistes européens.
Il faut rappeler que sa façon de pousser le théâtre au bord du cabaret en jouant sans « quatrième mur », sans metteur en scène, avec l’énergie de la salle, en néerlandais mais aussi en anglais ou en français, n’avait pas beaucoup d’équivalents avant la création du groupe en 1989.
Après la présentation du Chemin solitaire d’Arthur Schnitzler en 2009 ou de l’inénarrable My dinner with André en 2005 (qui réunissait Damiaan De Schrijver et son ami Peter van den Eede de la compagnie De KOE), les acteurs de tg STAN retrouvent le Festival d’Automne et le Théâtre de la Bastille avec une adaptation des Estivants – une pièce dont l’auteur Maxime Gorki disait qu’elle donnait « des rêves à l’âme ». Écrit en 1904, ce texte crypto-révolutionnaire relate le quotidien oisif d’une classe moyenne russe embourgeoisée : des considérations multiples sur l’amour, la solitude, le mariage, le « droit de l’homme à vouloir être leurré » ou les grands bouleversements du début du XXe siècle…
Le tout « avec une distribution qui nous permet de nous retrouver nombreux sur scène, avec des acteurs de générations différentes », précise Frank Vercruyssen, infatigablement impliqué dans une tâche complexe : montrer, dans un même geste, l’acteur et le personnage, l’endroit et l’envers du masque. Histoire de jouer.
D’être ensemble. Et de retrouver le bonheur de se sentir à la fois un et multiple.