Aristide Tarnagda

Que ta volonté soit Kin de Sinzo Aanza

Archive 2020
Odéon-Théâtre de l’Europe – Berthier Paris 17
30 juinjui. – 10 juilletjuil.
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Texte, Sinzo Aanza
Avec Ibrahima Bah, Jeanne Diama, Serge Henri, Ami Akofa Kougbenou, Daddy Nkuanga Mboko, Paterne Mbongou, Hilaire Nana, Kader Lassina Touré, Rémi Yameogo
Scénographie, Charles Ouitin Kouadjo
Assitant à la mise en scène, Jean-Baptiste Nacanabo
Adaptation de la scénographie pour la salle, Patrick Janvier
Reprise pour la salle par Patrick Janvier (France)
Assistante à la scénographie, régie générale et régie plateau, Charlotte Humbert
Construction, Le Grand Dehors
Constructeurs.trices, Patrick Janvier, Estelle Duriez, Marie Storup, Charlotte Humbert
Lumières, Mohamed Kabore
Costumes, Léa Vayrou
Production Théâtre Acclamations ; Les Récréâtrales (Ouagadougou)
Coproduction Comédie de Caen – CDN de Normandie ; Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine
Coréalisation Odéon-Théâtre de l’Europe (Paris) ; Festival d’Automne à Paris
Manifestation organisée dans le cadre de la Saison Africa 2020

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Directeur du festival Les Récréâtrales de Ouagadougou, le Burkinabè Aristide Tarnagda sublime l’écriture incisive du Congolais Sinzo Aanza à travers une mise en scène dépouillée. Que ta volonté soit Kin explore la puissance salvatrice du rêve dans une métropole sans foi ni loi.

« L’histoire officielle n’est pas assez éblouissante. Je n’ai pas le droit d’affirmer à haute voix qu’elle est misérable. Personne n’en a le droit. » Mais rien n’empêche Lily de rêver un autre monde dans lequel elle entraîne le gendarme Pilate et son amie Sophie, camarade d’infortune qui, comme elle, vit dans la rue. À travers les affres des trois personnages de sa pièce Que ta volonté soit Kin, Sinzo Aanza esquisse en creux un portrait de Kinshasa, emportée par les démons du religieux et une violence crépusculaire. Dans une langue tantôt poétique tantôt tranchante, où le cynisme le dispute à l’humour et où le verbe se fait politique, l’écrivain congolais invite à puiser dans l’imaginaire de quoi faire briller le réel.

Dans le même lieu

Le plateau de Berthier se transforme en espace d’exposition pour accueillir les installations vidéos de la plasticienne Bouchra Khalili consacrées aux troupes de théâtre Al Assifa (La Tempête) et Al Halaka (Le Cercle), créées à Paris et Aix-en-Provence, par des membres fondateurs du Mouvement des travailleurs arabes (MTA, 1973-1977), organisation pionnière des luttes contre le racisme et pour l’égalité des droits. Ces projets concluent une série d’œuvres, initiée avec The Tempest Society (2017), toutes présentées au T2G.

The Circle (2023) propose des modalités de transmission des mémoires occultées d’Al Assifa et d’Al Halaka. À partir de l’oubli et de l’absence d’archives, Mia et Lucas, deux jeunes Marseillais descendants d’immigrés maghrébins y inventent des formes d’exhumation au croisement de la performance, du montage filmique et des techniques du conteur. Ils reviennent aux sources du MTA et de ses troupes, qui culminèrent avec la candidature de Djellali Kamal à l’élection présidentielle de 1974. Membre du MTA et d’Al Assifa, celui-ci transforma sa candidature pour « ceux qui n’ont pas le droit de vote » en performance de visibilité publique et collective.

The Public Storyteller (2024) revient aux origines de l’inspiration d’Al Assifa et d’Al Halaka : la tradition ancestrale du conteur public au Maroc et ses rituels. Pour cette œuvre, Bouchra Khalili invite un jeune conteur marrakchi, qui perpétue cette tradition, à réactiver le récit de la candidature de Djellali Kamal pour faire surgir le spectre qui hante toujours notre présent et nos possibles futurs communs.